17 déc 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Betty, deuxième roman de l’écrivaine américaine Tiffany McDaniel (Gallmeister, 2020), très bien traduit en français par François Happe, est tout simplement fabuleux. Cette écrivaine, née en 1985, a du talent à revendre et un souffle qui m’a conquise dès la première page.

La note de l’auteure précise : […] J’espère également que vous prendrez plaisir à lire cette histoire qui puise son inspiration dans la vie de ma famille sur plusieurs générations. Elle s’inspire en particulier de la force de caractère de ma mère et des femmes qui m’ont précédée. Elles se sont dressées face à l’adversité pour affirmer leur propre pouvoir. C’est pour moi un honneur d’avoir pu raconter une telle histoire. »

Betty écrit ce que des membres de sa famille lui confient ou lorsqu’elle est témoin d’agissements condamnables, et ce, bien malgré elle, avant de les enterrer dans des bocaux dans le jardin.

Parler de ses ancêtres, c’est une façon de ne pas oublier d’où l’on vient. C’est ce que fait Betty, la narratrice, sixième d’une fratrie qui compte huit enfants.

Laissez-moi vous les présenter brièvement. Pour le reste, je vous invite à découvrir le parcours de la famille Carpenter de 1909 à 1973, à travers leurs déplacements dans plusieurs États américains.

Landon est un descendant des Cherokees, plus particulièrement du clan Aniwodi. Né le 7 avril 1909 au Kentucky, dans un champ de sorgho, il avait 29 ans au moment où il a rencontré, dans un cimetière de l’Ohio, Alka Lark, de 11 ans sa cadette, cette femme blanche qui allait devenir la mère de ses enfants.

Tout le monde voudrait avoir un père comme Landon : rêveur-conteur à l’imagination débordante qui, en plus de piger dans les légendes de son peuple, fait rêver les siens avec une panoplie d’histoires plus incroyables les unes que les autres. Il réussit ainsi à désamorcer certains drames, à apaiser chagrins et déceptions, mais aussi à redonner espoir et force à ceux et celles qui en ont besoin. La magie opère plus souvent qu’autrement !

Originaire de Joyjug, Alka a vécu une enfance auprès de parents qui ne méritaient pas « ce titre », tandis que les ancêtres de Landon, en plus d’être chassés de leur terres, ont été obligés de parler « l’anglais de l’homme blanc et de se convertir à sa religion ». Cette femme, brisée dès son plus jeune âge, va tenter tant bien que mal de survivre dans ce monde qui est parfois, et même souvent, injuste et destructeur.

Malgré ses douleurs enfouies, Aka mettra au monde huit enfants : Leland, le premier de la lignée, né en 1939 suivi, cinq ans plus tard de Fraya, celle à la très jolie voix, puis vinrent Yarrow (1945), Waconda (1948 au Kansas), Flossie (1951 en Californie) pour qui « le drive-in et le cinéma étaient ses endroits favoris sur terre […] lectrice obsessionnelle des magazines de stars », Betty, surnommée la « Petite Indienne » par son père, (février 1954, à Ozark dans l’Arkansas), Trustin (1956 en Floride), dessinateur et peintre, et Lint (1957), le petit dernier, qui souffre de symptômes imaginaires et de bégaiement.

Donc, avant de se poser définitivement à Breathed en 1961, Landon et Alka ont sillonné les routes de l’Amérique avec leur progéniture. Cette petite ville, située dans le sud-est de l’Ohio, est entourée de collines « connues sous l’appellation de contreforts des Appalaches, ces masses de grès nu présentaient des crêtes, des falaises et des gorges taillées et sculptées par la fonte des glaciers ».

Si le cadre est attrayant, ce que s’apprêtent à vivre les Carpenter, l’est pas mal moins : plusieurs décès et désenchantements seront au rendez-vous, ainsi que des actes ignobles qui vont ruiner la vie de plusieurs.

De retour chez eux, un ami de Landon leur a offert de reprendre la maison de la famille Peacock. La construction, qui remontait au début du XXe siècle, avait besoin d’une bonne dose d’amour. Le père, qui a exercé divers métiers et qui est habile de ses mains, va se mettre à l’ouvrage et aménager, entre autres, un potager pour sa famille, grâce auquel il vendra des plantes médicinales aux habitants du coin. Ceci n’est que le début d’une fresque inoubliable de l’Amérique.

Je lis en moyenne deux livres par semaine. Betty fait partie de mes cinq romans préférés de l’année 2020. Peut-être en sera-t-il de même pour vous !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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