26 nov 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Avec son roman Victoire ! (Actes Sud, Leméac, 2020) Michel Tremblay nous offre une bien belle histoire d’amour, un attachement inconditionnel entre un frère et sa soeur.

Il y a sept ans, grâce à Sœur Sainte-Appoline, sa tante du côté paternel, Victoire était entrée au couvent. Chance inespérée d’avoir pu s’instruire, mais soulagée d’être ressortie de cette communauté religieuse. Aujourd’hui, elle tourne la page, car un nouveau chapitre de sa vie est sur le point de s’écrire.

Les Laurentides, août 1898. Ses retrouvailles avec Josaphat ont lieu à Duhamel, dans la maison paternelle où il vit seul depuis la mort brutale de leurs parents, l’an dernier, pendant la messe de minuit alors que l’église a pris feu. Nuit d’horreur !

Duhamel est ce petit village situé en Outaouais où l’on ne dénombre que trois commerces principaux : la boulangerie tenue par les Careil, la charcuterie de monsieur Poirier et, bien sûr, le magasin général, propriété de monsieur Lacasse. Si on veut connaître les derniers cancans, c’est là où il faut aller. C’est ainsi que tout le monde a su que Victoire avait « défroqué » même si elle s’en défend, car elle n’avait jamais voulu devenir religieuse…

Josaphat, lui, s’était langui durant tout ce temps de retrouver sa sœur, l’amour de sa vie. Aux yeux de Victoire, ce grand rêveur était toujours aussi beau. Mais, ce qui était nouveau, c’est qu’il savait jouer du violon comme pas un et qui plus est, selon les dires de Florence, la mère des trois tricoteuses, il était « un improvisateur de génie ». Cet état de fait chicote bien gros sa sœur qui ne cesse de lui demander où il a appris à jouer de cet instrument.

Nous connaissons depuis quelques décennies le secret qui relie la sœur et le frère, sauf qu’il y avait certaines zones d’ombre. Oui, ils auront ensemble Albertine et Gabriel (le mari de la Grosse Femme), mais l’auteur revient sur la naissance de leur amour et sur les sentiments qui les habitent.

Plus tard, mariée à Télésphore, Victoire mettra au monde deux autres enfants : Édouard et Madeleine, tandis que Josaphat aura une fille, Laura Cadieux, issue de sa liaison avec Imelda Beausoleil. Oups ! Je m’égare, ce n’est pas le propos de ce livre…

Michel Tremblay ne s’en est jamais caché : il lui arrive parfois de faire des erreurs dans les dates de naissance de ses personnages ou dans leur nom. Ici, par exemple : nous sommes en 1898, Victoire a 20 ans, mais elle est née en 1867. Bon, ne chipotons pas trop sur ce genre de détails, car j’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman rempli de tendresse et de poésie, dans lequel transpire tout l’amour que porte l’auteur à ses personnages.

J’ai aussi été séduite par certaines descriptions. En voici juste un exemple : « Les nuits fraîches avaient déjà commencé à tuer la forêt en y mettant le feu. » (p. 119) C’est beau, non ?


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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