13 août 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Si vous connaissez le parcours de Marc Séguin, vous savez combien l’artiste québécois est polyvalent : peintre, écrivain, cinéaste et activiste rural.

Jenny Sauro (Leméac, 2020), son cinquième roman, est écrit à la troisième personne du singulier et développé à la manière du pointillisme, ce mouvement artistique qui crée par petites touches l’ensemble d’un tableau. Cette manière de faire se transpose ici à North Nation, « village isolé et frontalier des États-Unis », situé à trois heures de Montréal.

Pourquoi ? Parce que la fresque se construit sous nos yeux au fil des confidences, des souvenirs, des liens qui rattachaient Jenny à certains membres de la communauté… à commencer par Émile Sauro, son père, col bleu qui, dans ses temps de loisirs, pratique la chasse, la pêche et la taxidermie ; ses parents biologiques, Lise Mathers et Frank Lebel ; Mireille, la deuxième femme d’Émile ; plusieurs ami(e)s d’enfance ; Maggie Andanak, sourcière amérindienne, l’aînée de la réserve d’Eleven, ainsi que William Ethan Bourque, aujourd’hui policier et révérend de l’église presbytérienne protestante du village.

Je parle au passé puisque, dès la première page, nous apprenons que Jenny, en tentant de sauver son fils de six ans, Arthur, s’est noyée un soir de pleine lune, quatre jours après Noël : « Personne n’aurait pu envisager une telle tragédie dans le petit village de North Nation. La glace du lac était mince pour cette période de l’année. » Consternation et incompréhension pour de nombreux villageois, tous affectés par sa mort.

North Nation, plus communément appelé North, est une petite localité de moins de 2 000 âmes, qui compte la North Nation Mills, scierie aujourd’hui centenaire, des vergers, trois églises protestantes et une catholique où Jenny fut baptisée, Chez Marie, le seul restaurant du coin, et le lac des Onze milles, si cher aux Amérindiens de la réserve autochtone d’Eleven.

Si Jenny est le point d’ancrage de ce roman, qui se déroule sur une période d’un peu moins d’un an, il en va de même de Chez Marie où elle était serveuse depuis son retour au village. Les gens venaient régulièrement faire leur tour, jaser, se confier, car tous les hommes étaient un peu amoureux de cette femme, considérée par plusieurs comme la plus belle.

La secrète Jenny chérissait par-dessus tout son fils et son père. Celle qui avait fait des études en archéologie, en plus d’une mineure en arts, lisait son horoscope tous les matins en arrivant au resto, faisait des confitures pour les mois d’hiver, fendait et cordait du bois, aimait marcher… Rien d’exceptionnel, mais elle s’en contentait.

Les recherches pour retrouver son corps avaient duré trois jours. Au-delà, le risque était trop grand de poursuivre les plongées. L’être humain étant ce qu’il est, la routine allait reprendre tranquillement son droit… jusqu’au lundi de Pâques. Cent treize jours après la noyade, un autre événement viendrait à nouveau bouleverser le village, quelque chose d’inattendu, de surréel.

J’ai eu l’impression en lisant Jenny Sauro d’être, le temps de ma lecture, à North Nation, de vivre au diapason des uns et des autres, d’être au cœur de la nature, mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est la dynamique et l’amour entre la mère et son fils, le père et sa fille, le grand-père et son petit-fils.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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