06 août 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

En 2006, Elizabeth Gilbert publiait Eat, Pray, Love : One Woman’s Search for Everything Across Italy, India and Indonesia, traduit deux ans plus tard en français sous le titre Mange, prie, aime. Succès international et adaptation cinématographique en 2010 avec Julia Roberts dans le rôle principal.

Toujours aux éditions Calmann-Lévy, vient de paraître Au bonheur des filles / City of Girls qui connaîtra assurément la même carrière. Si je me suis laissé tenter par la lecture de ce roman, c’est surtout pour son contexte historique. Je me suis aussi demandée si je n’étais pas en manque, la saison théâtrale ayant pris fin abruptement à la mi-mars au Québec comme nous le savons… Alors quand j’ai su que le roman d’Elizabeth Gilbert se déroulait en partie au Lily Playhouse, une salle de spectacle en plein cœur de Manhattan, j’ai trouvé là une occasion de plonger dans un milieu que j’affectionne tout particulièrement.

Je ne vous donne que le point de départ de cette histoire qui se décline sur 429 pages et qui comporte de nombreux personnages, plus colorés les uns que les autres. La narratrice, Vivian Louise Morris, une femme indépendante et audacieuse, s’adresse à une certaine Angela pour lui raconter sa vie, de son arrivée à New York à l’été 1940 jusqu’en 2010. Nous découvrirons, au fil du récit, ce qui lie les deux femmes.

Vivian était alors, comme elle le dit elle-même, « une jeune écervelée de 19 ans » qui étudiait au Vassar College. Enfin, c’est vite dit, car elle n’avait suivi aucun cours durant la session. Ne sachant plus quoi faire de leur fille, Edouard et Louise Morris avaient décidé de l’envoyer à New York chez sa tante Lily – appelée par tous Peg – propriétaire du fameux Lily Playhouse qui offrait deux représentations par soir dans le but de divertir une clientèle peu fortunée, surtout composée de gens du quartier.

Bien accueillie par tous les membres de la troupe, Vivian s’était rapidement fait amie avec une très jolie fille du même âge qu’elle, Celia Ray, l’une des « showgirls » de la revue du Lily Playhouse. Il y avait également Gladys, répétitrice de ballet et danseuse, Benjamin Wilson, pianiste et auteur-compositeur, Donald Herbert, dramaturge engagé pour écrire de courts sketches, et quelques autres.

Celle qui tenait de main de fer les cordons de la bourse s’appelait Olive Thompson. Lily et elle se connaissaient depuis 1917, toutes deux ayant été infirmières pour la Croix-Rouge durant la Première Guerre mondiale. Secrétaire du Lily Playhouse, Olive n’avait pas la tâche facile, devant constamment rappeler à tout ce beau monde que le théâtre ne roulait pas sur l’or.

Peg proposa à Vivian d’occuper, à l’un des étages du Lily Playhouse, la chambre de Billy Buell, son oncle et le mari de Peg, qui ne venait plus que rarement depuis leur séparation en 1935. Comme elle avait appris la couture avec sa grand-mère paternelle, on lui attribua, à son plus grand plaisir, le titre de « costumière en chef du Lily Playhouse ». Vivian se sentait enfin à sa place et surtout utile.

Grâce à Billy, les finances du théâtre se remplumèrent et la clientèle se diversifia. Pour dépanner Peg, il avait accepté de leur écrire une pièce de théâtre intitulée New York est une fête – petit clin d’œil à Hemingway et son fabuleux Paris est une fête ? Succès immédiat, bonnes critiques, certains soirs, on affichait même complet. Il est vrai que les membres de la troupe pouvaient compter sur la présence irrésistible de la grande comédienne britannique Edna Parker Watson, amie de longue date de Peg, à qui on avait attribué le rôle principal.

Printemps 1941. À la suite d’un scandale qui impliquait plusieurs personnes du Lily Playhouse, Vivian n’eut d’autres choix que de retourner à Clinton chez ses parents. Mais que s’était-il donc passé de si répréhensible pour que, du jour au lendemain, elle doive partir ? Finies les soirées arrosées qui se terminaient au petit matin, les amours multiples, la camaraderie, la vie trépidante de cette ville qui ne dormait pour ainsi dire jamais. Que lui arrivera-t-il ? Devra-t-elle retourner aux études ? Travailler ? Se caser ? Prendre mari ? Vous me voyez venir… Eh oui ! Pour le savoir, il vous faudra lire Au bonheur des filles.

Même si Elizabeth Gilbert ne manque pas d’imagination, le style est, disons, ordinaire, tandis que certaines intrigues traînent en longueur. Par contre, les femmes mises de l’avant par l’auteure ont été avant-gardistes, en majorité du moins, avaient du caractère et ne craignaient pas de s’affirmer.

La traduction de Christine Barbaste m’a empêchée d’apprécier à sa juste valeur ce récit, par ailleurs, fort bien documenté. J’avais l’impression, par moments, que l’action se déroulait non pas aux États-Unis mais en France. Jugez-en par vous-mêmes : clabauderie, faire du gringue, sensass, plumard, goguette, chambard, diantre, pochtron, nénette, berzingue, gourgandine, gaudriole, tirer une taffe, etc. Si vous lisez l’anglais, de grâce, allez à la version originale !


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter