18 juin 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Même si Louise Dupré signe non pas un recueil de poésie mais un roman avec Théo à jamais (Héliotrope, 2020), on sent que la poète n’est jamais bien loin. Récit tout en douceur, malgré un sujet tragique qui, malheureusement, se retrouve de plus en plus souvent dans l’actualité.

L’écrivaine, par l’entremise de sa narratrice, Béatrice Hubert, nous fait vivre les affres d’une famille ordinaire qui a vécu un drame qui aura des conséquences sur le reste de son existence.

La quatrième de couverture nous plonge tout de suite au cœur de l’histoire : « Béatrice travaille au montage d’un documentaire sur les tueries de masse quand elle reçoit un appel des États-Unis. Son mari [Karl Galckmeyer], conférencier invité à l’Université de Miami, et leur fils Théo, parti le rejoindre pour profiter de la plage, se trouvent tous deux à l’hôpital entre la vie et la mort. »

Béatrice part immédiatement en direction de Miami, sans connaître vraiment la gravité de la situation. Je ne vais rien dévoiler de la fusillade survenue lors de cette journée noire, vous en découvrirez bien assez vite les conséquences, dans sa vie et celle des siens.

Si deux ans après le tragique événement Béatrice décide de coucher sur papier ce qui est arrivé c’est pour : « […] arriver à nommer une fois pour toutes ce que j’ai éprouvé, la boule de feu dans la poitrine, le coeur toujours sur le point d’éclater, et l’incrédulité, oui, j’allais me réveiller brusquement, sortir de mon cauchemar. » (p. 42)

Elle désire remonter le fil du temps pour tenter de comprendre, de voir où il a eu un manquement, pour essayer de ne pas se sentir coupable… et nous nous posons les mêmes questions qu’elle.

Quel a été l’élément déclencheur du geste fatidique ? À partir de quel moment les choses se sont-elles mises à déraper ? Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on passe à l’acte ? Devient-on cruel parce qu’on souffre ou souffre-t-on parce que le monde est cruel ? Peut-on accepter l’inexplicable ? Si oui, est-ce la seule façon de tourner la page, de faire son deuil ?

Louise Dupré nous surprend encore. Sa plume est toujours aussi pertinente, intelligente et essentielle. Si vous n’avez jamais rien lu de cette écrivaine, plongez dans son magnifique roman La Memoria (1996) ou La Voie lactée (2001) et si vous aimez le théâtre, allez-y avec Tout comme elle, pièce qui avait été présentée à l’Usine C en 2006, dans une mise en scène de Brigitte Hantjens.


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter