11 juin 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Il y a dix ans, nous avons été des milliers à lire Rosa candida de l’écrivaine islandaise Auður Ava Ólafsdóttir. Il en sera sûrement de même avec la publication chez Zulma de son dernier titre, Miss Islande qui s’est mérité, en 2019, le prix Médicis étranger.

1963. Depuis 19 ans, l’Islande est indépendante du Danemark. C’est précisément l’année où la narratrice de 21 ans, Hekla Gottskálksdóttir, décide de quitter sa région natale des Dalir pour Reykjavik, dans l’espoir d’être reconnue comme écrivaine.

Si elle laisse derrière elle Gottskalk, son père, et Örn, son frère, fermiers qui élèvent des moutons, elle retrouve dans la capitale islandaise ses deux meilleurs amis : Ísey, 22 ans, mariée et bientôt mère d’un deuxième enfant et Jón John, homosexuel qui, dans l’attente d’être engagé comme couturier au sein d’un théâtre, travaille à bord d’un chalutier – ce qu’il a en horreur.

Tous trois viennent de la même région et ont chacun un objet auquel ils tiennent par-dessus tout : la Remington pour Hekla, la machine à coudre pour Jón John et des cahiers pour Ísey dans lesquels elle consigne, à l’insu de son mari, son quotidien.

La vie n’est facile pour aucun d’entre eux : Ísey habite un petit appartement en sous-sol ; Jón John ne cesse de changer de logement, tandis qu’Hekla aménage chez Starkadur Pjetursson, son nouveau petit ami, qui loue une minuscule chambre « avec une cuisine partagée ». Ce dernier, qui fait partie du Cercle des Poètes de Mokka, travaille à temps partiel à la bibliothèque de la rue Thingholtsstræti, tandis qu’Hekla, qui a été engagée comme serveuse à l’hôtel Borg planche, dès qu’elle le peut, à l’écriture de son roman.

Autant Starkadur a peu d’inspiration comme poète, autant Hekla, sous divers pseudonymes, a déjà vu quatre poèmes et deux de ses nouvelles publiés. Ísey lui a souvent répété : « Tu n’es pas un écrivain d’aujourd’hui, Hekla, tu es un écrivain de demain. Ton père te l’a toujours dit, tu es née trop tôt. » (p. 205)

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman d’Auður Ava Ólafsdóttir, ce sont les questions que l’on se pose au fil des pages : comment vivre de sa plume lorsqu’on est une femme en 1963 ? Quels sacrifices Hekla devra-t-elle faire pour être publiée et reconnue à sa juste valeur ? Est-ce possible, sans être ostracisé, de vivre son homosexualité ? Comment réussir à concilier écriture et tâches quotidiennes quand le besoin d’écrire est plus fort que tout ?

Si je n’ai plus de vos nouvelles durant les prochains mois, je n’aurai pas besoin d’en chercher trop longtemps la raison : vous serez à lire tous les poètes islandais et les auteurs étrangers dont il est fait mention dans ce roman. Je vous souhaite donc de futures belles découvertes !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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