28 mai 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

À la mort d’un être cher, on pense souvent que c’est la fin du monde mais le temps aidant, on se rend compte que c’est la fin d’un monde.

Éric-Emmanuel Schmitt aimait sa mère de manière inconditionnelle. Dans Journal d’un amour perdu (Albin Michel, 2019), il nous dépeint son lien indéfectible avec celle qui fut son phare, sa complice, son modèle, qui l’a initié au théâtre et lui a transmis le goût des arts et des voyages.

Si le titre de Delphine de Vigan Les Gratitudes n’était pas déjà pris, il conviendrait aussi à ce récit autobiographique, car l’auteur a mille et une gratitudes pour sa mère adorée.

Le roman commence avec cette phrase très camusienne : « Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine. »

C’est donc par un coup de fil de Florence, sa sœur aînée, qu’Éric-Emmanuel Schmitt apprend le décès de leur mère, Jeannine Trolliet (1930-2017), cinq ans après celui de leur père, Paul Schmitt. Autant la première est partie subitement, « ma mère était mortelle, mais elle ne fut jamais mourante », autant le second a souffert, paralysé durant 18 ans. « Je connaissais la patience de l’amour, j’ai à découvrir la patience du chagrin », de préciser l’auteur.

Vivant entouré de ses trois chiens, Fouki, Lulu et Daphné, l’écrivain, né à Sainte-Foy-lès-Lyon dans le Rhône, nous relate le manque qu’il ressent depuis la mort de celle qu’il nomme simplement Maman (écrit avec un « M » majuscule) et la crainte qui l’a toujours habité qu’un jour, on l’avertisse que quelque chose de grave était arrivé à sa mère. Aujourd’hui, le voilà orphelin.

Éric-Emmanuel Schmitt nous entretient de musique, d’écriture, de théâtre. On pleure et on rit avec lui. Il est aussi brièvement question du grand-père paternel, d’Alain, le mari de sa sœur Florence, de leurs garçons, Stéphane et Thibault, de leur cousine Christine, de Pierre Scipion, son directeur littéraire chez Albin Michel, et de quelques-uns de ses amis.

Pourrions-nous qualifier d’impudique Journal d’un amour perdu ? Nenni. Est-ce une lecture déprimante ? Jamais. Inspirante ? Sans aucun doute. Ce fut assurément une catharsis nécessaire pour qu’Éric-Emmanuel Schmitt puisse se remette à ses nombreux projets tout en cohabitant avec ses disparus.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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