14 mai 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Petite remise en contexte : en 2013, Pierre Lemaitre nous donnait à lire le premier tome de la trilogie Les Enfants du désastre.

Au revoir là-haut débutait le 2 novembre 1918, deux jours après le suicide d’Édouard Péricourt, l’un des nombreux défigurés de la Première Guerre mondiale, alors qu’un « éclat d’obus lui avait emporté toute la mâchoire inférieure ».

Couleurs de l’incendie (2018) nous permettait de suivre sur une période de six ans, de 1927 à 1933, Madeleine Péricourt, la sœur d’Édouard, alors que la crise économique faisait rage. Trahison, machination, vengeance, tout était mis en branle pour que Madeleine puisse se reconstruire et refaire sa réputation.

Ce troisième et dernier volume, Miroir de nos peines (Albin Michel, 2020), se déroule du 6 avril au 13 juin 1940. Il nous fait renouer avec Louise Belmont. Vous vous souvenez, la jeune fille de 10 ans rencontrée dans Au revoir là-haut qui avait connu Édouard, hébergé par sa mère et avec qui elle s’entendait bien.

Avril 1940. Louise, aujourd’hui âgée de 30 ans, cumule deux emplois : elle est professeure dans un établissement de l’Instruction publique, mais est également serveuse à La Petite Bohème, un café-restaurant de Montmartre, pour accommoder son propriétaire, M. Jules.

Il aura fallu une demande des plus inusitée et incongrue du docteur Maurice Thirion, un client de La Petite Bohème qui y venait faire son tour tous les samedis, pour que la vie de Louise bascule. Mais elle va parallèlement, dans des circonstances tout aussi inimaginables, découvrir l’existence d’un demi-frère.

Le roman est truffé de personnages secondaires plus savoureux les uns que les autres. Qu’il s’agisse de Gabriel, trentenaire, professeur de mathématiques, et de Raoul Landrade, technicien en électricité, devenus soldats par la force des choses – qui se retrouveront en prison pour avoir déserté l’armée… Mais le plus pittoresque et intriguant est un certain Désiré qui change de métier comme de chemise, et ce, jusqu’au jour où il sent qu’il va être démasqué.

Si la plume de Pierre Lemaitre est toujours aussi enlevante – il a vraiment le don de raconter des histoires – j’ai trouvé que l’intrigue avait mis du temps à démarrer. Mais une fois sa vitesse de croisière atteinte, c’est haletant et on ne veut plus lâcher Miroir de nos peines. Nous allons de révélations en révélations, la grande Histoire côtoyant les histoires individuelles.

Pendant que les Allemands sont aux portes de Paris et que l’exode commence, Louise Belmont tente donc de dénouer les secrets de famille. La trilogie est peut-être terminée… mais il y a de bonnes chances que Pierre Lemaitre plongera, pour son prochain roman, dans les Trente Glorieuses. À suivre !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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