06 fév 2020

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je mettais le point final à ce texte, lorsque j’ai appris le décès d’Hubert Mingarelli le 26 janvier dernier à l’âge de 64 ans. Le monde littéraire perd un grand écrivain pour lequel j’avais la plus grande estime.

Depuis La Route de Beit Zera (2015), Mingarelli s’était fait rare. J’avais d’autant plus hâte de lire sur La Terre invisible publié chez Buchet/Chastel en 2019. Que du bonheur !

J’adore ces auteurs qui vont à l’essentiel. Mingarelli, comme Patrick Modiano, réussissent à créer dans leurs livres une atmosphère qui leur est propre. Je leur suis fidèle depuis le début, ce qui ne risque pas de changer dans les années à venir.

Allemagne, juillet 1945. Malgré le fait que la Deuxième Guerre mondiale soit terminée depuis quelques semaines, ni le narrateur (jamais nommé) ni le colonel Collins, qui logent à la même enseigne, ne se décident à partir de Dinslaken – ville allemande située au bord du Rhin.

Le narrateur est un photographe de guerre anglais ; Collins l’est aussi mais en amateur. On ne sait rien du premier et si peu du second : il habite avec son fils le Pays de Galles où il « construisait des ponts avant la guerre ».

Alors que Collins « administrait la ville avec ses officiers depuis le gymnase municipal, le seul endroit assez vaste qui tînt encore », le narrateur désire poursuivre son travail et « aller photographier les gens de ce foutu pays devant chez eux ».

Il veut tenter de saisir comment l’être humain en est arrivé à commettre de telles horreurs. Collins lui déniche une voiture et un chauffeur en la personne du jeune soldat O’Leary. Ce dernier s’était engagé mais, sur place seulement depuis 15 jours, il n’avait pas eu le temps de participer à la guerre. Il habite chez sa mère à Lowestoft, dans le comté de Suffolk. Souvent, il lui est arrivé de dormir dans les dunes « parce que chez moi j’avais peur ». On ne sait pas vraiment de quoi, mais notre imagination commence à entrevoir le pire.

Libéré par Collins durant quelques jours – il est normalement affecté dans les transmissions –, O’Leary et le narrateur partent en voiture avec comme seuls bagages un fusil, un drapeau et quelques vivres.

Le jeune homme ne comprend pas les enjeux du photographe mais, au moins, cela le change de son quotidien. Au gré de son humeur et des routes empruntées, le narrateur croque le portrait d’une fillette qui transporte une souris sur de la paille caché au fond d’un casque, un vieux couple, de jeunes mariés, des familles, etc.

Trois pellicules de photos seront prises, mais le dernier arrêt avant leur retour à Dinslaken ne se passera pas comme prévu. Me voyez-vous faire le signe de bouche cousue ? Disons simplement qu’une tension s’insinue au fil du récit, que l’on ne peut plus abandonner avant la dernière ligne.


Le lundi 10 février, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la metteure en scène Brigitte Haentjens, qui nous parlera de la pièce Sang de Lars Norén, présentée à l’Usine C jusqu’au 20 février 2020.

Lundi dernier, je recevais la metteure en scène Martine Beaulne, venue nous parler de la pièce La Maladie de la mort de Marguerite Duras, présentée au Prospero jusqu’au 15 février 2020.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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