07 nov 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Par quoi commencer ? Par le début, je sais… J’ai normalement du plaisir à lire les romans de Jean-Paul Dubois, mais Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (éditions de l’Oliver, 2019) m’a déçue. Voyez !

Pourquoi avoir mis dans la bouche de Patrick Horton, un Hells Angel incarcéré à la prison de Bordeaux, des répliques franchouillardes ? En voici deux exemples parmi tant d’autres : « Alors viens pas faire le mariole… », de dire Horton au narrateur (p. 117) ou « Mec, c’est ta mère. On parle pas comme ça de sa mère, c’est louche, putain. » (p. 139). Est-ce que vous me trouvez trop sévère ?

L’auteur a pourtant confessé à Josée Lapointe dans La Presse+ du 17 septembre 2019 : « Je ne savais pas quoi faire autrement. C’est une erreur, j’ai été lâche. En France, ça passe très bien, mais pour vous j’avais conscience dès le début que ce serait ridicule. » Ok, le monsieur est honnête, mais je n’ai pu m’empêcher de me demander : « Pourquoi l’avoir fait alors ? » C’est un manque de considération envers nous et cela m’a agacée au plus au point, du début à la fin.

Par chance, toute l’action ne se passe pas en prison où le narrateur, Paul Hansen, purge depuis le 4 novembre 2008 – « jour même de l’élection de Barak Obama » – une peine de deux ans. Né le 20 février 1955 à Toulouse, Paul partage sa cellule avec Patrick Horton, amoureux fou des Harley Davidson. Pour connaître la raison de l’incarcération de Paul, il vous faudra être très patient(e), le tout n’est révélé que dans les dix dernières pages.

Au fil de l’histoire, nous découvrirons le parcours de Paul, fils d’Anna Margerit et de Johanes Hansen. Sa mère exploite à Toulouse un petit cinéma de quartier, Le Spargo, tandis que son père, pasteur protestant, natif de Skagen au Danemark, se retrouve à Thedford Mines en 1975 – vous verrez pourquoi – où il devient le pasteur principal de la Methodist Church. Son fils va le rejoindre au Québec un an plus tard. Après avoir exercé divers petits boulots, Paul gravit les échelons pour finalement devenir surintendant de L’Excelsior, un immeuble de 68 condos situé dans le quartier Ahuntsic.

Plusieurs personnages viendront se greffer à ce récit qui aborde des thèmes chers à l’auteur avec l’humour qu’on lui connaît : problème de dents, la place qu’occupe dans la vie de Paul sa chienne Nouk, etc. Autant je peux reprocher à Dubois d’avoir raté sa cible avec la langue québécoise, autant il a bien fait ses recherches sur certaines régions du Québec, même si parfois j’ai eu l’impression de lire un guide touristique.

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon m’est tombé des mains à plusieurs reprises, sans compter les quelques coquilles relevées au fil de ma lecture. Dommage !

P.-S. : J’ai appris lundi que le prix Goncourt 2019 avait été attribué à ce livre de Jean-Paul Dubois. Disons, pour rester polie, que j’en perds mon latin. Pour paraphraser le titre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, je dirai : « Tous les hommes ne lisent pas les romans de la même façon… »

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


Le lundi 11 novembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la metteure en scène Catherine Vidal, qui nous parlera de la pièce Les Amoureux de Carlo Goldoni, présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 4 décembre 2019.

Lundi dernier, je recevais la comédienne Marie-Hélène Thibault, venue nous parler de la pièce Disparu.e.s de Tracy Letts, adaptée et mise en scène par René Richard Cyr, présentée chez Duceppe jusqu’au 23 novembre 2019.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Une réponse pour “Le Billet de la semaine”

Dominique Blondeau dit : - 7 novembre 2019

Je ne suis pas surprise que vous ayez trouvé des coquilles dans ce livre. Mon œil de réviseure en a repéré beaucoup dans les livres français. Je n’ai jamais considéré M. Dubois comme un grand écrivain. Quant au prix Goncourt, tout le monde sait qu’il y a du copinage entre éditeurs... C’est très rare que je lise les prix littéraires français...

Pour laisser un commentaire

*