12 sept 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Quelle belle idée a eu l’écrivaine française Marie Nimier de publier Les Confidences (Gallimard, 2019). Nous ne pouvons nous empêcher, tout du long de notre lecture, de nous demander si nous aurions, nous aussi, osé nous confier… Et si oui, qu’aurions-nous dévoilé ? Et pour quelle(s) raison(s) l’aurions-nous fait ?

Reprenons du début. Comme Marie Nimier le précisait lors de son entrevue à La Grande Librairie, elle a été invitée à participer au festival Bifurcations à Nantes. Après réflexion, l’idée qui a finalement allumé l’auteure est la suivante : récolter des confidences de citoyen.es qu’elle ne verrait jamais et dont l’identité ne serait en aucun temps divulguée. Ai-je besoin de préciser que tout cela était fait sans rémunération ?

Marie Nimier s’est donc installée dans une localité jamais nommée et s’est baladée en posant « des affichettes dans quelques endroits clés » sur lesquelles on pouvait lire : « Du 28 septembre au 16 novembre. Une romancière recueille confidences, confessions et autres secrets. […] Les témoignages serviront de base à l’élaboration de textes de fiction qui pourront être mis en scène et publiés. Les noms des personnes évoquées seront changés, les lieux rendus méconnaissables. »

À partir de là, les participant.es devaient, via un site web, s’inscrire. Le calendrier concocter par l’auteure empêchait les uns et les autres de se croiser au 5e étage d’un appartement que la mairie lui avait fourni. Lieu presque nu à l’exception d’une table rectangulaire, de deux chaises, d’un portemanteau à cinq boules et d’un philodendron.

Avant l’arrivée du ou de la confidente, Marie Nimier se bandait les yeux, puis écoutait les fantasmes, les désirs, les rêves, les culpabilités de chacun.e sans prendre de notes, intervenant ponctuellement pour être certaine qu’elle avait bien saisi leurs propos. « Il m’arrivait d’avoir des absences. Travailler de mémoire avait ses avantages et ses inconvénients. »

Au total, Marie Nimier a recueilli une quarantaine de confidences – en plus de celles reçues sur le site web – et une confession, les plus courtes totalisant quelques mots, les plus longues un peu moins de dix pages.

La rencontre ne durait jamais très longtemps. Les témoignages étaient parfois cocasses ou troublants, tout simple ou osés. Je me suis demandé si Marie Nimier avait censuré quelques révélations ? Si elle avait été émue ou choquée par ce qu’elle entendait ?

Mais quelle était la motivation première de tous ces gens ? Se libérer d’un secret ? Révéler ce qu’ils n’ont jamais dit à personne ? Avoir l’impression d’exister parce que quelqu’un prenait le temps de les écouter ?

Et Marie Nimier, s’est-elle livrée à son tour ? A-t-elle « joué le jeu » ? Vous verrez !


Le lundi 16 septembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la chargée de projets Christine Dufresne, qui nous parlera de la l’exposition À table ! Le repas français se raconte, présentée à Pointe-à-Callière jusqu’au 13 octobre 2019.

Lundi dernier, je recevais le comédien Lyndz Dantiste, venu nous parler de la pièce Héritage (A Raisin in the Sun) de Lorraine Hansberry, présentée chez Duceppe jusqu’au 5 octobre 2019.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*