18 juil 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Maïmaï (Leméac, Actes Sud, 2018) d’Aki Shimazaki clôt, de très habile manière, le cycle de L’Ombre du charbon. J’ai eu tant de bonheur à côtoyer ces personnages depuis 2014 que je les quitte à regret. La plume sensible de l’écrivaine montréalaise d’origine japonaise nous a fait vivre de belles émotions.

Souvenez-vous, dans Hôzuki (2015), la narratrice de 38 ans, Mitsuko Tsuji, tenait à Nagoya une librairie d’occasion spécialisée de livres rares. Célibataire, elle élevait Tarô, son fils unique sourd et muet alors âgé de sept ans, avec l’aide de sa mère qui demeurait avec eux.

Lorsque commence Maïmaï – qui veut dire escargot en japonais –, Mitsuko meurt subitement d’une crise cardiaque à 58 ans. Tarô, aujourd’hui peintre dans la mi-vingtaine, est atterré, comme l’est sa grand-mère maternelle de 83 ans, Y. Shimizu.

Mitsuko avait dit à son fils qu’elle ne voulait personne à ses funérailles et qu’elle désirait être incinérée. Elle lui avait aussi spécifié qu’il devait liquider son commerce qui avait pignon sur rue depuis 22 ans. À cette annonce, la clientèle fidèle est attristée que la librairie ferme définitivement ses portes.

Tarô va donc quitter son logement, s’occuper de sa grand-mère, convertir la librairie en atelier et galerie pour travailler sur place à peindre ses toiles, dont plusieurs portraits de Mitsuko.

En faisant de l’ordre dans les affaires de sa mère, il va apprendre des choses sur elle dont il était à mille lieux de se douter, car elle avait eu, durant 20 ans, une double vie.

Un mois plus tard, Tarô reçoit la visite d’Hanako Sato, fille d’un diplomate, qui vient lui offrir ses condoléances. Jeunes, ils avaient été amis et avaient rapidement développé une belle mais brève complicité. Aujourd’hui travailleuse sociale, Hanako comprend le langage des signes à un point tel qu’elle est demandée comme interprète. Hanako et Tarô vont-ils se revoir ? Comment évoluera leur relation ? N’étant pas du même milieu, est-ce que la famille Sato va s’opposer à leur attachement l’un pour l’autre ?

Nous irons, tout comme Tarô, de surprises en révélations stupéfiantes. Plusieurs questions vont le hanter : qui était réellement le père qu’il n’a pas connu ? Où allait sa mère tous les vendredis soirs lorsqu’elle quittait la maison ? Pourquoi se faisait-elle alors appeler Azami ? Qui se cachait derrière ce prénom ? En quoi consistait son travail ? Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ?

Que vous ayez lu les quatre livres précédents ou non, l’auteure a subtilement inséré dans son roman suffisamment de détails pour que l’on puisse suivre l’intrigue sans s’y perdre.

De plus, comme toujours chez Shimazaki, quelques mots en japonais parsèment Maïmaï, dont le sens se trouve dans un lexique en fin de volume.

Si vous du temps devant vous, lisez les cinq volumes les uns à la suite des autres. Vous serrez encore plus admiratif de l’œuvre de cette écrivaine qui ne cesse de nous séduire. Bonheur de lecture garanti !


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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