11 juil 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Agréable surprise que ce dernier roman de Yasmina Khadra, L’outrage fait à Sarah Ikker (Julliard, 2019), qui met en scène un trentenaire marocain, le lieutenant Driss Ikker.

Driss, né de parents bergers qui vivaient sur les hauteurs du Rif, n’a pas voulu suivre les traces parentales. Après avoir fait des études de droit, il est entré dans la police, mais « il [n’est] pas fier de son boulot. »

Il y a quelques années, il épouse la très belle Sarah, fille d’El Hajja et d’Abderrahmane Chorafa, directeur de l’école de police de Kénitra. Même s’ils viennent de milieux fort différents, Sarah et Driss s’aiment. Ils ont une belle maison à Tanger, ne manquent de rien, sauf que Sarah n’arrive pas à enfanter, ce qui provoque chez elle des épisodes de dépression.

Le commissaire Rachid Baaz, chef de la police de Tanger et supérieur de Driss a été, il y a plus d’une décennie à Meknès, l’assistant d’Abderrahmane Chorafa. Il lui doit beaucoup, même le fait d’avoir rencontré sa femme, Narimène, la mère de ses trois filles. Aujourd’hui, ils ont un train de vie assez luxueux, ce qui en étonne plus d’un.

Autour d’eux gravitent plusieurs personnages dont Slimane Rachgoune, secrétaire particulier du commissaire Baaz, le lieutenant Alal Jay qui ne s’entend pas du tout avec Driss ou encore le brigadier Farid Aghroub, sous les ordres de ce dernier.

L’élément déclencheur de l’intrigue survient presque au tout début. Driss a dû accepter de remplacer à pied levé, durant la fin de semaine du 8 au 9 avril, le commissaire Baaz qui ne pouvait se déplacer à Casablanca. Petit problème : Driss, n’ayant pas eu l’autorisation requise pour assister à cette soirée où les plus grosses fortunes étaient invitées, est rentré le soir même à Tanger. Précisément à 1 h 45. Au final, c’est peut-être ce qui a sauvé sa femme qui « avait les mains menottées à la tête de lit, quelque chose de noir sur la bouche et un bandeau sur les yeux. Driss [n’a pas eu] le temps de comprendre, encore moins de réagir. Un violent coup [s’est abattu] sur son crâne et il [est tombé] par terre, sans connaissance. »

Était-ce, pour une énième fois un pilleur du nom d’Arslène Lebben qui ne cessait de se faire prendre pour vol ? Pourquoi Sarah était-elle nue et menottée ? Avait-elle était violée ? Connaissait-elle son agresseur, puisqu’aucune infraction n’avait été signalée ?

Bien sûr, la chambre à coucher était sans dessus dessous, mais Driss avait des doutes. Était-ce une mise en scène pour faire croire à un cambriolage qui aurait mal tourné ? Seul indice trouvé sur place susceptible de faire avancer l’enquête : un bouton de manchette, pas n’importe lequel, un Boucheron « serti de brillants, avec une pierre verte incrustée au milieu ». À qui appartenait-il et comment s’était-il retrouvé sous la commode ?

À partir de cette nuit d’avril où l’impensable est arrivé, Driss aura envers sa femme et quelques collègues des réactions étonnantes, inattendues, parfois incompréhensibles. Les Ikker arriveront-ils à se parler franchement, même à tenter un rapprochement ? Une longue et pénible enquête commence qui nous entraîne de découvertes en rebondissements jusqu’à la dernière page.

L’outrage fait à Sarah Ikker est-il le premier d’une série mettant en vedette le lieutenant Driss Ikker ? Je l’espère sincèrement, d’autant que le roman se termine de manière à ce qu’une suite soit envisageable.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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