20 juin 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Omar Ba est né en 1977 au Sénégal. Il vit et travaille à Genève et à Dakar. Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous parle aujourd’hui de cet artiste talentueux ? Parce que le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente dans le Carré d’art contemporain jusqu’au 10 novembre prochain, Omar Ba : vision partagée.

Tout du long de ma visite, j’ai eu l’impression de me faire raconter des histoires sur l’être humain, ses dérives et ses aspirations. Omar Ba a ses propres codes visuels, desquels ressortent à l’occasion des formes hybrides – mi-humaines, mi-animales.

En mai 2018, lors de l’exposition D’Afrique aux Amériques. Picasso en face-à-face, d’hier à aujourd’hui (MBAM), j’ai vu pour la première fois une œuvre d’Omar Ba : Afrique, pillage, arbres, richesse (2014). Peut-être en est-il de même pour vous.

La galerie torontoise d’art contemporain, The Power Plant, a initié et mis de l’avant cette exposition en début d’année. Aujourd’hui, c’est au tour de Montréal d’accueillir 21 œuvres d’Omar Ba, une première représentation solo pour lui dans un musée.

Le commissariat de l’exposition, pour sa version montréalaise, est sous la gouverne de Mary-Dailey Desmarais, conservatrice de l’art moderne et contemporain international au MBAM, tandis qu’à Toronto, c’est Nabila Abdel Nabi, conservatrice associée (The Power Plant), qui en était chargée.

Omar Ba travaille surtout sur du carton ondulé mais aussi sur toile et papier. Que ce soient des huiles, gouaches, crayons, encres de Chine ou stylos-billes, le résultat est assez fascinant. La surface est, en un premier temps, entièrement recouverte de noir, puis c’est une explosion de couleurs qui jaillit, abordant des sujets qui sont souvent lourds de sens et de conséquences. L’arrière-plan est, quant à lui, captivant.

À quelques différences près, nous voyons à Montréal le même corpus qu’à Toronto mais, pour chacune des institutions, une œuvre unique a été créée in situ. Pour y arriver, Omar Ba a dû travailler de manière intensive durant six jours, ce qui donne La monnaie comme outil de développement qui sépare le Carré d’art contemporain en deux. Comme Nathalie Bondil est une femme très persuasive, souhaitons que cette acrylique de grand format reste en sol montréalais.

La période abordée ici se situe entre 2009 et 2019. Se dégage de ses créations une tension palpable entre la violence et la délicatesse, l’espoir et la désillusion, l’inégalité de la richesse et la corruption, les migrants et les naufrages, les « fake news », la jeunesse… De plus en plus de figures émergent de ses oeuvres comme Les Autres (2016), qui représente sa mère et sa femme. Une belle avenue à explorer.

J’ai été totalement sous le charme d’Omar Ba avec qui j’ai eu la chance de discuter brièvement. Entièrement conquise par son travail, j’espère qu’il en sera de même pour vous !


Pour sa 11e édition, le Club des Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal a choisi L’Ordre du jour d’Éric Vuillard, publié en 2017 chez Actes Sud, comme coup de cœur irrésistible de l’année.

Un grand merci à notre réalisateur Stéphane Richard.




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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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