13 juin 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

D’apprendre que le roman de Rosa Ventrella Une famille comme il faut (Les Escales, 2018, 2019) sera porté à l’écran, ne m’étonne pas du tout. L’auteure a une écriture très visuelle et rythmée.

À la lecture, on est tout de suite plongé au plus près de quelques habitants du quartier de Bari. On assiste aux engueulades des membres de la famille De Santis, on suit les amours interdits de certains, les mariages de quelques autres. Le tout saupoudré de rivalités, de confrontations mais d’entraide aussi.

Impossible de ne pas voir de similitudes avec la saga d’Elena Ferrante, L’Amie prodigieuse. C’est un peu normal, puisque dans les deux cas, l’action se déroule dans le sud de l’Italie et met en scène une jeune fille que l’on suit sur plusieurs années. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais chez Ferrante il fallait être attentif aux noms des personnages et à leurs liens, sinon on s’y perdait un peu. Le roman de Ventrella en comporte moins, mais je vous suggère de lire d’une traite une cinquantaine de pages sur les 282 que comporte le roman, pour bien vous imprégner de l’atmosphère des lieux et de sa population. Pour le reste, Ferrante et Ventrella ont leur style et leurs intrigues propres.

Une famille comme il faut commence en 1984 alors que la narratrice – possiblement l’alter ego de l’auteure –, Maria De Santis, a neuf ans. Elle habite San Nicola, l’un des quartiers pauvres de Bari, située dans les Pouilles. On la suit jusqu’à l’obtention de son baccalauréat et la finale est telle, que je me suis mise à rêver à une suite.

Chez les De Santis, on ne parle que le dialecte. Antonio, le père, pêcheur acariâtre et craint par les siens, aurait pu avoir un autre destin si sa mère lui avait permis de poursuivre ses études ; Teresa n’a pas du tout le même tempérament que son mari avec qui elle a eu trois enfants : Giuseppe et Vincenzo, deux garçons fort différents, et Maria, une jeune fille intelligente, surnommée « Malacarne / mauvaise viande » par sa mamie Antonietta.

Autour d’eux gravitent d’autres membres de la famille de Nicola et de Teresa, ainsi que plusieurs résidents du quartier de Bari, plus savoureux les uns que les autres. Parmi eux, Nicola Senzasagne, le père de Michele et de « Carro Armato / Char d’Assaut ». Pour Antonio, il n’est absolument pas question que sa fille Maria fréquente, ni de proche ni de loin, son camarade de classe Michele, car les Senzasagne sont de mauvaises influences.

Concetta, dite Tinuccia la folle, a honte de son fils Pinuccio « Mezzafemmna » qui a des habitudes sexuelles peu recommandables. Dans la rue où habite Maria, on retrouve aussi les Minuicchie, Cagachiesa et Mangiavlen, sans oublier la très belle Maddalena, la plus jolie fille de la classe, qui se moque constamment de Maria.

Anaïs Bouteille-Bokobza a parsemé dans sa traduction quelques mots en italien, ce qui donne une touche encore plus authentique à ce roman que je vous invite à lire. Je ne suis pas prête d’oublier les relations que Rosa Ventrella a créées entre Maria et son père, Michele et la narratrice, les Senzasagne et les De Santis, les écoliers entre eux, etc. Très belle découverte !


Voici le 4e extrait du débat qui s’est tenu dans le cadre de la 11e remise du prix du Club des Irrésistibles, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 15 avril dernier.

En 2e position : Vers la beauté de David Foenkinos (Gallimard, 2018).

Un grand merci à notre réalisateur Stéphane Richard.




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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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