16 mai 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Les Gratitudes (JC Lattès, 2019) de Delphine de Vigan ne fait pas l’unanimité. Pour ma part, j’ai été touchée par ce court récit de 173 pages qui comporte peu de personnages et qui va à l’essentiel.

Des critiques, que je ne veux pas nommer, ont reproché au roman de Delphine de Vigan d’être « mièvre et sirupeux ». Que dalle !

Comment rester insensible devant l’histoire de Michèle Seld, dite Michka, correctrice à la retraite, à qui l’on vient de diagnostiquer un début d’aphasie ?

Comment ne pas être touché(e) par le destin de cette femme juive née en 1935 dont les parents, déportés, ne sont jamais revenus des camps de concentration ?

Comment ne pas se sentir impuissante comme Marie devant son amie Michka qui arrive de moins en moins à nommer les choses ou qui, alors qu’« elle cherche un mot, en rencontre un autre » ?

Leur amitié date de l’époque où Marie et sa famille habitaient le logement au-dessus de celui de Michka. N’ayant pas de père et une mère instable, Marie se retrouvait plus souvent qu’autrement à frapper à la porte de l’appartement de Michka. Depuis, elles ne sont plus quittées.

Après que Michka soit tombée à quelques reprises chez elle et avoir eu quelques autres problèmes, son médecin la considère comme non autonome. Elle doit donc être placée dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad). Et comme elle n’a pas voulu fonder de famille, elle se retrouve quasiment toute seule au crépuscule de sa vie, si ce n’était de la présence de Marie et de son orthophoniste mi-trentaine, Jérôme Milloux.

L’un comme l’autre, prenant tour à tour la parole, vont lui apporter le soutien moral et physique dont elle a besoin. Marie vient voir Michka dès qu’elle le peut, tandis que tous les mardis et jeudis, Jérôme la retrouve dans sa chambre pour faire des jeux et des exercices. Jérôme aime ses patients, mais sans se l’expliquer, il a un faible pour Michka. Il est très attaché à cette femme qu’il va même aider à exaucer son dernier vœu : retrouver le couple qui l’a sauvée en 1942.

Les Gratitudes commence ainsi : « Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois par jour vous disiez merci ? Merci pour le sel, pour la porte, pour le renseignement. […] Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette. »

Faites l’exercice et posez-vous la question ? Les mots de la langue française sont si riches et nous, parfois si pingres. Mettons en application ce que l’un des personnages dit en fin de volume : « On croit toujours qu’on a le temps de dire les choses, et puis soudain c’est trop tard. » Passons donc à l’acte ! Je commence tout de suite en remerciant Delphine de Vigan pour ce livre sensible, d’une grande lucidité et qui, au final, nous fait un bien fou.


Deuxième partie de l’entretien réalisé à la bibliothèque Robert-Bourassa dans le cadre de son 20e anniversaire.

L’écrivain québécois Robert Lalonde nous dévoile ses cinq coups de cœur littéraires.

Réalisation et crédit photo : Stéphane Richard.

Entrevue menée par Marie-Anne Poggi.



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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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