25 avr 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me rendant à la Petite Licorne, rue Papineau, qui présente jusqu’au 27 avril Madra de Frances Poet. Je ne connaissais pas la dramaturge ; par contre, ayant déjà vu quelques productions du Théâtre Bistouri, compagnie dont j’aime beaucoup le travail, j’étais en terrain connu.

Présentée en codiffusion avec le Théâtre de La Manufacture, cette pièce nous garde sur le bout de notre siège du début à la fin, avec une montée dramatique qui fait réagir le public à plusieurs occasions.

L’histoire commence par une anecdote que racontent par Madra (Sylvie De Morais-Nogueira) et Alex (Marc-André Thibault) à la mère de ce dernier, Claire (Louise Bombardier). Tout le monde rit de bon cœur, jusqu’au moment où Claire, qui vient de garder pour une nuit son petit-fils Gabriel, relate sa sortie au restaurant avec le jeune garçon de trois ans.

Madra, dite Maddy, et Alex ne sont pas du tout contents. L’attitude de Claire a été irresponsable, impardonnable. Mais qu’a-t-elle donc fait de si répréhensible ? Pourquoi lui en veulent-ils autant ? Cette virée qui s’annonçait sans conséquences va teinter le reste de la pièce, dont je ne vais rien dire, bien évidemment.

Il y a donc un avant et un après cette fin de semaine-là. Point de bascule qui va complètement changer la dynamique de ce couple qui s’aime, mais qui risque de le diviser à tout jamais…

La tension est palpable et à son comble jusqu’à la toute dernière scène. Et là, on ne peut faire autrement que de se demander : et si Maddy, au final, avait eu raison de surprotéger son fils ? De n’être plus capable de faire confiance à personne ? Si cette paranoïa qui a pris des proportions insoupçonnées était justifiée ? En tant que parent, on veut bien sûr le meilleur pour son enfant, mais où se situe la ligne du raisonnable ?

Marie-Hélène Gendreau, assistée de Marilou Huberdeau, signe une mise en scène efficace et redoutable, tandis que la traduction de Marc-André Thibault m’a paru très juste.

Mention spéciale à Frédéric Blanchette qui interprète divers rôles, en père de famille parfois attendrissant et drôle, moins rassurant à d’autres occasions, en collègue de travail d’Alex ou en voisin du couple ; peu importe, il joue toujours de manière convaincante.

Plusieurs supplémentaires sont déjà annoncées. Faites vite !


Ombre Eurydice Parle d’Elfriede Jelinek est une pièce de théâtre déconcertante et énigmatique, ce qui n’est pas un défaut !

Le nom d’Elfriede Jelinek, femme complexe et controversée, vous dit sûrement quelque chose même si vous ne fréquentez pas le théâtre, puisqu’elle a remporté le prix Nobel de littérature en 2004. Cette écrivaine, dramaturge et scénariste autrichienne septuagénaire, a aussi une formation musicale comme on peut le lire dans le programme, ce qui teinte sans nul doute ses écrits.

Ombre Eurydice Parle, partition pour deux comédiennes (Macha Grenon et Stéphanie Cardi, convaincantes) et une danseuse contemporaine (magnifique Louise Bédard), incarnent toutes trois Eurydice à des moments différents de son existence. On le comprend par de petits détails. Par exemple, le personnage interprété par Stéphanie Cardi prend des Polaroïds qui se retrouvent ensuite entre les mains de Macha Grenon.

Mais que veut nous dire Jelinek avec sa pièce écrite en 2013 qui utilise un langage multidisciplinaire à travers la parole, la danse et la musique ? Marié à Eurydice, Orphée (Pierre Kwenders qui a une très jolie voix) lui demande d’être à ses côtés lors de ses concerts, tandis qu’elle peine à écrire son roman. Il a du succès, elle cherche l’inspiration.

Il faut s’abandonner à cette proposition théâtrale d’une heure dix minutes et faire confiance à l’équipe de créateurs : du metteur en scène Louis-Karl Tremblay à la traductrice Sophie Andrée Herr, sans oublier les quatre interprètes.

Vous avez donc jusqu’au 27 avril pour voir cette production du Théâtre Point d’Orgue, présentée en codiffusion avec le Théâtre Prospero.


Dernier émission de la saison de Culture à la carte avant son retour en ondes le 9 septembre prochain. Ainsi, le lundi 29 avril, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, je m’entretiendrai avec Luce Pelletier, metteure en scène de Strindberg, pièce écrite par neuf auteures québécoises, présentée à l’Espace Go jusqu’au 12 mai 2019.

Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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