18 avr 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier du fond du cœur d’être venus en si grand nombre à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 15 avril, pour participer à la 11e remise du prix du Club des Irrésistibles. Qu’il était intéressant et stimulant de vous entendre discuter des cinq titres finalistes.

L’Ordre du jour d’Éric Vuillard (Actes Sud, 2017) a obtenu la faveur des membres du jury et remporte le prix du Club des Irrésistibles 2019.

En 2e position, Vers la beauté de David Foenkinos (Gallimard, 2018).

Ex aequo :

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre (Albin Michel, 2018) et Les Loyautés de Delphine de Vigan (Jean-Claude Lattès, 2018).

En 4e position, L’Archipel du Chien de Philippe Claudel (Stock, 2018).

Grâce à notre vidéaste Stéphane Richard, si vous n’avez pu être des nôtres lundi, vous pourrez voir et entendre d’ici la fin du mois d’avril sur le site des Irrésistibles, cinq extraits des commentaires des membres du jury.


Si, comme moi, vous avez lu Le Souffle de l’Harmattan et Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel, vous devez sûrement en garder un très beau souvenir, car la langue et la poésie qui se dégageaient de ces romans étaient magiques.

Avant d’aller à la salle Fred-Barry voir la pièce de Steve Gagnon, Pour qu’il y ait un début à votre langue, production du Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline, je m’étais promis de ne pas relire les textes de Trudel. Je voulais voir quel souffle Steve Gagnon, également metteur en scène, allait donner à cette histoire touchante et drôle en même temps. La tentation de comparer aurait alors été trop grande. J’ai bien fait de suivre mon instinct, car au final, il reste peu de choses des œuvres originales.

La salle est disposée de manière bi-frontale. La pièce nous confronte à la dure réalité de trois adolescents (en 2008) et d’un jeune garçon de 26 ans (en 2018), qui vit ses derniers jours.

L’histoire se déroule dans une banlieue québécoise sur ces deux années charnières, 2008 et 2018. Le décor kafkaïen, signé par Marie-Renée Bourget-Harvey et Estelle Charron, vient appuyer ce qui se passe dans la vie de chacun des protagonistes.

En 2008, Frédéric (Frédéric Lemay), 16 ans, a un œil sur Odile (Pascale Renaud-Hébert, la révélation du spectacle). Tous deux ont comme ami Wilson (Jonathan Saint-Armand), un Africain, à la veille de fêter ses 18 ans, originaire du Kenya et adopté par des Québécois. Les deux garçons aspirent à un ailleurs plus exaltant. Insatisfaits de leur quotidien, ils souhaitent quelque chose de plus grand qu’eux.

La pièce commence dix ans plus tard. Frédéric est allongé sur un lit d’hôpital. Aujourd’hui âgé de 26 ans, il est aux soins palliatifs : cancer des os. Où sont Wilson et Odile ? Qu’est-il advenu d’eux ? Ont-ils réalisé leur rêve de jeunesse ?

Frédéric ne s’adresse plus à ses parents (Nathalie Mallette et Daniel Parent, toujours aussi justes). La seule qui a le « privilège » d’échanger avec lui est son infirmière (Claudiane Ruelland). Il lui donne l’heure juste, se confie, la questionne. Même quand ses grands-parents, Béatrice et Hector (Linda Laplante, impayable, et Richard Thériault) viennent lui rendre visite, il ne dit mot. Disons que sa grand-mère parle pour deux, tandis que son mari préfère se taire : sa façon à lui d’accompagner son petit-fils dans sa douleur.

Frédéric qui en veut à ses parents – je vous laisse découvrir pourquoi – a décidé de garder le silence, solution trouvée pour combattre la langue de ses géniteurs. Le propos pourrait paraître déprimant et pourtant Steve Gagnon et ses complices ont réussi à bien doser la part tragique en y distillant un zeste d’humour.

Pour qu’il y ait un début à votre langue, présentée à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 20 avril, vaut qu’on s’y arrête. Steve Gagnon a installé son propre rythme, son texte est rempli d’inventivité et de douce folie, le tout mis au service des comédiens. Et que dire de cette finale saisissante – trop courte à mon goût –, à la hauteur de l’imagination de son auteur.

Sachez que le texte est publié aux éditions L’instant même… Vous pourrez ainsi lire la pièce et en savourer toute la beauté.


Culture à la carte fait relâche le 22 avril, lundi de Pâques oblige. Rendez-vous le 29 avril en compagnie de la metteure en scène Luce Pelletier pour la dernière de la saison.

Lundi dernier, je recevais l’écrivaine Sylvie Drapeau, venue nous parler de son récit autobiographique La Terre (Leméac, 2019), dernier tome de sa tétralogie amorcée en 2015.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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