25 oct 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’ai eu envie de lire Les Chants du large (Alto, 2018) d’Emma Hooper dès que j’ai vu la belle illustration de la page couverture signée Florian Pigé.

Auteure canadienne née à Edmonton, établie aujourd’hui en Angleterre, Emma Hooper est également enseignante et musicienne. Aviez-vous lu en 2015 son roman Etta et Otto (et Russell et James), publié dans une vingtaine de pays et traduit dans presque autant de langues ? Pour ma part, il m’a complètement échappé, cela arrive parfois…

Je mentionne tout de suite la très bonne traduction de Carole Hanna. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand on achoppe sur certains mots, je décroche presque immédiatement. Je vous rassure, ici rien de tel.

La structure du roman est intéressante : pas d’alinéas pour les dialogues ni de guillemets. La narration se balade de 1969 à 1993 et ce, dans un ordre non chronologique. Il faut donc être attentif au début, mais on s’y fait rapidement.

Le récit maintenant. L’action se déroule dans un petit village côtier de Terre-Neuve, un hameau d’une vingtaine d’habitations. Les insulaires quittent l’île un à un, car il n’y a plus de poissons à pêcher, les filets sont vides, le travail se fait rare.

Parmi tous les personnages, mentionnons Martha Murphy et Aidan Connor, les parents de Finn, 10 ans, et de Cora, son aînée de quatre ans. Eux aussi, en 1992, n’ont plus le choix de partir. Direction l’Ouest, où ils vont tenter de se trouver un boulot. Lorsque le père part, la mère reste, puis quand Martha revient, c’est Aidan qui s’en va. Ils sont loin d’être les seuls dans cette situation. Les maisons sont abandonnées, même Jack Penney, le boulanger, ferme boutique.

Finn et Cora suivent des cours à distance. Le reste du temps, ils s’occupent de manière inventive. Cora en profite pour pratiquer son violon et s’abreuver à tous les guides de voyage qu’elle trouve. Elle squatte les maisons inhabitées et les transforme de manière créative. Elle prépare, comme elle le dit, une surprise à son frère.

Finn, lui, meuble ses journées autrement. Il joue de l’accordéon, tente d’attraper un poisson – ce qui prouverait que la vie est encore possible à Little Running – et rend visite « de l’autre côté du bras de mer » à la solitaire Mme Callaghan qui observe, à l’aide de son télescope, les activités environnantes. Elle veut finir ses jours chez elle et dit à Finn : « Ce qui se passe quand tu quittes l’endroit que tu aimes, c’est que tu vieillis d’un coup et que tu meurs. »

Un jour de 1993, la famille Connor, comme les autres villageois, reçoit un avis : ils ont six mois pour quitter l’île. Finn se met alors à élaborer un plan astucieux pour contourner cette obligation. Cora, elle, part du jour au lendemain en laissant un bref mot à son frère, lui faisant comprendre qu’elle a une « stratégie ». À deux réussiront-ils là où les autres ont échoué ?

Au fil des 442 pages que comporte le roman, on va découvrir les liens qui unissent les personnages les uns aux autres, les drames qui sont survenus, les tempêtes qui s’abattent sur ce petit village côtier et qui ont, au fil des ans, emporté plusieurs citoyens, disparus en mer.

Le roman aurait pu être triste, nenni. Il se dégage plutôt une force de vivre grâce principalement à la place qu’Emma Hooper a donnée à la musique et au chant. Un merci particulier à Tania qui m’a incitée à lire ce roman. Une belle découverte !


Le lundi 29 octobre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec le metteur en scène Vincent-Guillaume Otis, qui viendra nous parler de la pièce Des souris et des hommes de John Steinbeck, présentée chez Duceppe jusqu’au 1er décembre 2018.

Lundi dernier, je recevais l’auteure et la comédienne Clara Prévost, venue nous parler de sa pièce La Place Rouge, présentée à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 27 octobre 2018.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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