02 août 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Foudroyée (éditions du Boréal, 2017, 2018), ce deuxième roman de l’auteure canadienne Grace O’Connell va m’habiter longtemps. Dès le début, j’ai été prise par l’intrigue, avec un petit creux de vague en milieu de roman, mais rien pour arrêter ma lecture. Allez-y, vous ne le regretterez pas !

Précisons tout de suite que la traduction de Fanny Britt est très juste. Rien de mieux qu’une auteure de chez nous pour en traduire une autre.

L’histoire est racontée en flashbacks sur une période d’une quinzaine d’années par Veda, une jeune femme qui a été élevée à Kitsilano, quartier de Vancouver, par une mère coréenne et un père irlandais, aux côtés de Conrad, son frère, de deux ans son aîné.

Comme le dit la narratrice : « Nous étions cinq – les Cinq –, d’aussi loin que je me souvienne. Conrad, Ted – le meilleur ami de Conrad – Al et Annie [la meilleure amie de Veda], de leurs vrais prénoms Altaf et Anwar, un frère et une sœur iraniens qui vivaient dans la même rue que nous et dont les parents étaient les meilleurs amis des nôtres. »

Vie ordinaire, choyée et aimante d’un groupe de jeunes adolescents dont nous suivrons le parcours universitaire pour certains, un peu en dehors des sentiers pour les autres. Nous vivrons leurs premières amours, découvrirons leurs failles (la boisson et les bagarres), leurs réussites (audiologiste, ingénieure, économiste), jusqu’au jour où, à la suite d’un événement impliquant son frère Conrad (un de trop), Veda décide de quitter Vancouver et d’aller du côté de New York. Hébergée durant quelques semaines chez Al qui y vit avec Marie, sa femme, Veda tente de se trouver un travail mais, sans « carte verte », ce n’est pas évident… Elle donnera quelques cours particuliers, mais est-ce assez ?

Le lendemain de ses 30 ans, après avoir bien fêté en compagnie d’Al et de Marie, Veda se rend au Metropolitain Museum of Art. Sur le chemin du retour, dans l’autobus M1 de la Fifth Avenue, monte un beau jeune homme dans la trentaine. Très rapidement, il sort son pistolet, le pointe en direction du chauffeur et lui demande d’arrêter le moteur. On compte 26 usagers, 26 otages de nationalités et d’âge différents, qui ne comprennent pas tout de suite ce qui se passe.

Peter Egon Juric leur ordonne de mettre leurs mains derrière la tête. Puis, sort de son sac des canettes métalliques. Il leur demande de peinturer toutes les fenêtres et la porte. Ainsi, lorsque interviendront les policiers et Ajay Kohli « considéré comme l’un des meilleurs négociateurs au pays », il leur sera impossible de voir à l’intérieur du véhicule.

Que veut cet homme ? Ira-t-il jusqu’à utiliser son arme ? Quels sont ses motifs ? A-t-il des revendications particulières ? Pourquoi leur parle-t-il de Peter Pan ? Y-a-t-il un lien entre le personnage créé par J. M. Barrie et lui ?

Peter Egon Juric leur dira, entre autres : « Vous ne comprenez pas. Je suis ici pour aider. De nos jours, les gens sont très malheureux. Il y a quelques méchants qui rendent les bonnes personnes très malheureuses, et les enfants grandissent et deviennent méchants, et le malheur se répand partout ; les adultes sont malheureux, ils ont mal, et ils font du mal aux autres. Tout le monde est malheureux. Je les entends. Ils ne parlent que de ça. J’ai besoin d’accomplir ma mission, et j’ai besoin d’aider les autres. Je suis le seul qui connaît le chemin. »

Il nous faudra, à notre tour, suivre le chemin que désire emprunter Peter pour connaître le dénouement de cette histoire enlevante et pour savoir si l’un des 26 passagers trouvera les bons mots pour lui parler. Quel angle prendre pour comprendre sa démarche ? Qu’adviendra-t-il de ceux et celles qui s’en sortiront ? La suite, à mon avis, est encore plus insidieuse. J’ai pensé que le pire était la prise d’otages, mais j’avais tout faux… car du moment où un autre personnage s’invite dans le roman, l’intrigue prendra une tournure inattendue, qui soulèvera bien d’autres questions.

Et dire que Foudroyée commençait de manière joyeuse avec l’ouverture, comme à chaque année, du chalet des parents de Veda et de Conrad, alors âgés de 15 et 17 ans, à l’occasion du congé de la fête de la Reine… L’insouciance et l’innocence de l’adolescence ont fait place, au fil des 386 pages, à une réalité tout autre.


Pour souligner le 20e anniversaire de la bibliothèque Robert-Bourassa, nous poursuivons nos entretiens avec des résidents d’Outremont.

Durant les prochaines semaines, suivez le parcours de Minou Petrowski, critique de cinéma, romancière, animatrice-recherchiste pour la radio et la télévision.

Entretien avec Minou Petrowski (suite).

Partie 2. Minou Petrowski et le cinéma.
Bonne écoute !

Réalisation : Stéphane Richard.



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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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