28 juin 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais cela faisait un petit moment que je n’avais pas eu entre les mains un livre de Philippe Djian. Quand j’ai entendu l’auteur à La Grande Librairie parler de son dernier roman, À l’aube (Gallimard, 2018), j’ai eu envie d’aller voir de quoi il retournait.

Ce que j’aime chez cet auteur, c’est son style : des ellipses, des phrases sans alinéas et sans guillemets pour nous avertir d’une conversation entre personnages, rien de superflu… non pas des phrases courtes à la Duras, mais pas de débordement. L’histoire est tissée serrée et pour ne pas perdre le fil, il faut rester attentif.

Justement, de quoi s’agit-il ? Il y a 15 jours, Joan et Marlon ont perdu de manière tragique leurs parents, Suzan et Gordon, décédés dans un accident de la route. Joan, 33 ans, est une femme débrouillarde tandis que Marlon, 25 ans, est autiste. Joan retourne donc chez elle, sur la côte Est américaine, 15 ans après avoir quitté le nid familial. Si elle ne voyait plus ses parents qu’à de rares occasions, elle devra renouer avec son frère tout en continuant son travail en banlieue de Boston, à Cambridge, dans une friperie dont la propriétaire, Dora, tient aussi un autre commerce, disons plus illicite.

Gravitent autour d’eux plusieurs personnages dont Ann-Margaret, une femme d’âge mûr qui se rapprochera de Marlon, un peu trop au goût de Joan ; John, le shérif adjoint, nouvellement papa et voisin de Joan et de son frère ; Howard, cet homme que les habitants de Cambridge voient revenir d’un mauvais œil. À vrai dire, il est là dans un but précis, convaincu que Gordon a camouflé de l’argent chez lui.

À l’aube est truffé de révélations qui chambouleront la vie des uns et des autres, avec au menu mensonges, trahisons et agissements pas très nobles.

Ce livre est peut-être au fond un oxymore qui, malgré des éclaircies, ne fait que mieux cacher la noirceur de la finale qui nous laisse sans voix.


Durant le mois de juin 2018, vous avez pu visionner des extraits du débat qui s’est tenu, dans le cadre de la 10e remise du prix du Club des Irrésistibles, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 23 avril dernier. C’est Le Poids de la neige de Christian Guay-Poliquin (La Peuplade, 2016) qui a obtenu la faveur des membres du jury et qui a remporté le prix du Club des Irrésistibles 2018.

Un grand merci à notre réalisateur Stéphane Richard.



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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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