21 juin 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

En toute reconnaissance. Carnet de citations plutôt littéraires (éditions du Boréal, 2018) nous donne à lire, entre autres, des citations glanées au fil des ans par Gilles Archambault. Les thèmes abordés dans les neuf chapitres proposés sont reliés aux extraits de phrases qui ont retenu l’attention de l’auteur.

Qui, comme lui, n’a pas un jour ou l’autre recopié quelques lignes d’un roman, d’un recueil de poésie ou d’un autre ouvrage ? Moi, la première, parce que je les trouvais pertinentes au moment de ma lecture. Par contre, les relire des années plus tard peut être un exercice risqué, car il faut remettre en contexte ses choix et souvent ceux-ci ont changé au fil du temps.

D’entrée de jeu, l’auteur dit de lui : « Je suis devenu un vieil homme. La solitude qui est tombée sur moi, il m’arrive de la maudire. Si j’inscris dans un cahier depuis une cinquantaine d’années des phrases extraites de mes lectures, ce n’est certes pas pour me rendre intéressant. Pendant des années, je n’ai parlé à personne de ma manie. Je n’en ressentais pas le besoin. »

Pourtant, aujourd’hui, Gilles Archambault en a décidé autrement. Nous avons donc entre les mains ce livre dont la couverture est d’un beau bleu foncé qui rappelle la couleur du cahier offert par son ami et écrivain, Claude Mathieu, dans les années 60.

Est-ce que cet objet littéraire est une forme de journal ? Probablement que oui. Car, au fil des pages, Gilles Archambault revient sur diverses époques de sa vie, dont celle de son enfance où il n’y avait pas de livres à la maison, mais comme il le dit si justement : « […] j’ai su m’agripper tant bien que mal à ce que certaines œuvres pouvaient m’offrir en substitut à la vie. Pendant ces années-là, j’ai cru férocement à des mondes imaginés. »

Archambault a aussi écrit à la main quelques citations. C’est touchant de voir la calligraphie d’un homme qui aura bientôt 85 ans. Un graphologue pourrait analyser son écriture et nous en révéler un peu plus sur lui.

Chaque citation en dit beaucoup sur son auteur, sur son état d’esprit, ses préoccupations, ses obsessions… C’est pourquoi il faut prendre le temps de s’arrêter à ses suggestions pour tenter de mieux saisir l’homme. Que nous dit-il derrière les mots des autres ? Il aurait été encore plus intéressant de les remettre en contexte, de savoir quand et pourquoi il avait choisi ces passages.

Parmi les 142 auteurs répertoriés, ceux les plus souvent mentionnés sont Stendhal, Georges Perros, Gustave Flaubert, Louis Calaferte, Roger Grenier et Imre Kertész. Les avons-nous lus ? Et que nous ont-ils apporté dans notre quotidien ? Un baume, une réflexion, un moment de détente ? Par contre, comme le dit l’octogénaire, le temps lui manquera certainement pour approfondir l’œuvre d’auteurs tels Joyce, Proust, Saint-Simon et quelques autres.

Quand j’ai lu ce que Flaubert disait dans une lettre à George Sand, j’ai pensé que Gilles Archambault aurait pu faire siennes ces quelques lignes : « Je n’attends plus rien de la vie qu’une suite de feuilles de papier à barbouiller de noir. Il me semble que je traverse une solitude sans fin, pour aller je ne sais où, et c’est moi qui suis tout à la fois le désert, le voyageur et le chameau. » Correspondance IV

Ou celle de François Mauriac tiré de son Bloc-notes : « Qu’ai-je à faire d’autre que d’attendre assis avec ma valise auprès de moi sur ce dernier quai de la dernière gare et que de penser à cette seconde qui ne sera pas suivie d’une autre. »

L’auteur se demande : « Sait-on pourquoi on lit ? » Bonne question. Qu’elle serait votre réponse ? Pour ma part, la lecture m’est indispensable.

Gilles Archambault devrait maintenant faire un Bernard Pivot de lui-même et concocter sa propre Bibliothèque idéale. Est-ce que mon souhait deviendra réalité ? À suivre !


Durant tout le mois de juin 2018, vous pourrez visionner des extraits du débat qui s’est tenu, dans le cadre de la 10e remise du prix du Club des Irrésistibles, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 23 avril dernier.

Aujourd’hui, en 2e position : Étincelle de Michèle Plomer (Marchand de feuilles, 2016). Bonne écoute !

Un grand merci à notre réalisateur Stéphane Richard.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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