14 juin 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Ce qui m’a incitée à lire Vers la beauté (Gallimard, 2018), le dernier David Foenkinos, c’est la curiosité. Je voulais savoir ce qui motivait un professeur d’histoire de l’art, reconnu dans son milieu, à tout quitter du jour au lendemain pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay à Paris ?

Est-ce qu’Antoine Duris – aucun lien de parenté avec le comédien – a été forcé de partir de Lyon avec une valise pour tout bagage ? En quatre parties et à rebours, nous connaîtrons les raisons qui l’ont mené à prendre cette décision.

Mais qui est Antoine Duris ? Fin trentaine, sans enfant, célibataire depuis peu – après avoir été en couple durant sept ans avec Louise –, cet enseignant de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon est un homme qui aime son travail et les étudiants le lui rendent bien. La plupart veulent travailler leur mémoire sous sa direction.

C’est Mathilde Mattel, responsable des ressources humaines au musée d’Orsay, qui embauche Antoine. Même si elle est étonnée de le voir solliciter ce poste de gardien de salle, disons qu’il postule au bon moment : l’institution s’attend, dès la semaine suivante, à recevoir beaucoup de visiteurs pour la rétrospective Modigliani. C’est presque trop beau pour être vrai… Antoine a écrit sa thèse sur cet artiste. Pouvoir admirer tous les jours des œuvres de Modigliani, il ne pouvait espérer mieux.

Antoine fait croire à son entourage qu’il part écrire un roman. Il veut qu’on le laisse tranquille. D’ailleurs, dit-il : « Au moins, à son travail, personne ne le remarquerait. Le gardien de musée n’existe pas. On déambule devant lui, les yeux rivés sur le prochain tableau. C’est un métier extraordinaire pour être seul au milieu d’une foule. »

J’étais tentée de vous parler de quelques autres personnages, mais je crains de trop en dire. Je ne veux surtout pas vendre la mèche. Disons qu’il est aussi question d’une certaine Camille Perrotin, qui a du talent comme peintre et dessinatrice, d’Yvan, professeur, marié à Sabine, la meilleure amie d’Antoine, de guides au musée d’Orsay, etc.

Vers la beauté comporte aussi des clins d’œil à quelques-uns de ses précédents livres. Par exemple, les parents de Camille vont passer une semaine en Bretagne, à Crozon. Ça vous dit quelque chose ? Eh oui, il en était question dans Le Mystère Henri Pick (2016) ou quand l’auteur mentionne Charlotte Salomon, un rappel de son roman Charlotte (2014).

L’un des protagonistes avance : « On peut parfois guérir par une simple modification géographique. » Que l’on soit d’accord ou pas avec cette affirmation, elle soulève une réflexion au même titre que de se demander si la beauté permet de cicatriser des blessures ou si elle rend le laid moins moche… Peut-on, comme se questionne Antoine, « se soigner en se confiant à un tableau ? ».

Certains moments sont savoureux – Antoine donnant des explications à des Amis du musée sur un portrait de Jeanne Hébuterne peinte par Modigliani – d’autres, plus délicats, touchent à l’actualité des derniers mois.

Comme l’été est à nos portes, Vers la beauté se lira très bien à la plage ou au jardin, un verre de vin à la main.


Durant tout le mois de juin 2018, vous pourrez visionner des extraits du débat qui s’est tenu, dans le cadre de la 10e remise du prix du Club des Irrésistibles, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 23 avril dernier.

Aujourd’hui, en 3e position : Chanson douce de Leïla Slimani (Gallimard, 2016). Bonne écoute !

Un grand merci à notre réalisateur Stéphane Richard.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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