07 juin 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Sincèrement, je me sens privilégiée d’habiter une ville comme Montréal. La vie des arts y est foisonnante et stimulante, au point que je suis parfois frustrée de ne pas réussir à suivre le rythme. Il y a tellement de propositions artistiques intéressantes !

Après l’exposition Leonard Cohen – Une brèche en toute chose / A Crack in Everything, qui a fracassé tous les records, le Musée d’art contemporain (MAC) nous présente un autre grand artiste, Rafael Lozano-Hemmer… également communicateur hors pair. J’ai eu la chance d’assister à une visite guidée en sa compagnie et je peux vous assurer que Lozano-Hemmer est passionné par son « travail » et prend grand plaisir à nous montrer ses réalisations.

Ce Montréalais, né en 1967 à Mexico, n’en est pas à sa première présence au MAC mais, à la différence cette fois, que toutes les salles du musée sont consacrées à la vingtaine d’œuvres créées entre 2000 et 2018. C’est tout simplement fabuleux et original.

Normalement, lorsque nous allons au musée, peu importe l’institution, il est interdit de toucher aux œuvres. Ici, c’est tout le contraire. Présence instable est une exposition participative. Par exemple, avec Volce Array / Faisceau de voix (2011) il faut parler dans un interphone ; notre voix émet des sons qui s’emboîtent à des faisceaux lumineux qui prennent de l’ampleur et se multiplient à l’infini.

Une autre pièce est remplie de petits haut-parleurs regroupés par pays et par le nombre de migrants qu’ils ont acceptés sur leur territoire en 2016. Des capteurs dissimulés sous nos pieds s’activent dès que nous foulons le sol près de l’installation Pan Anthem / Pan-hymne (2014) qui déclenche les hymnes nationaux qui jouent à l’unisson – créant une belle cacophonie. D’après vous, quels sont les trois pays qui ont accueilli le plus grand nombre de réfugiés ?

Airborne Newscast / Nouvelles évaporées (2013) nous permet de lire des nouvelles projetées tous azimuts sur l’un des murs du musée. Dès que nous marchons devant l’un des trois capteurs, les mots s’effacent, partent en fumée, pour être remplacés par d’autres nouvelles encore plus fraîches.

Si vous décidez d’entrer dans une cabine en verre, ce sera à vos risques et périls. Il est recommandé de lire les trois mises en garde avant de tenter l’expérience. Vicious Circular Breathing / Respiration circulaire vicieuse (2013) ressemble à un drôle d’instrument de musique à vent ou possiblement à un incubateur. On nous invite donc à respirer l’air des gens qui sont passés avant nous. Dans quelques semaines, je me demande quelle odeur s’en dégagera…

Avez-vous déjà vu un bassin d’eau avec fontaine et atomiseurs ultrasoniques faire jaillir des mots ? C’est ce que fait Call on Water / Nommer l’eau (2006). Les mots que l’on voit apparaître sous une fumée blanche sont ceux du grand écrivain mexicain Octavio Paz – l’oncle de Rafael Lozano-Hemmer. Il faut être rapide pour les lire, car ils s’évaporent très vite.

Pulse Spiral / Pulsations en spirale (2008) est la première œuvre que l’on voit dans le hall du musée. Impressionnante par ses 300 ampoules incandescentes suspendues au plafond. Quelques secondes après avoir inséré nos mains dans un appareil, l’intensité de la lumière se met à varier selon notre rythme cardiaque – on peut ainsi savoir si nous sommes en santé ou si nous devrions consulter un médecin. Je pense que certains hôpitaux devraient acquérir cette œuvre !

Coproduite par le MAC de Montréal et le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA), Présence instable nous prouve que la technologie a son propre langage et peut nous amener vers des horizons insoupçonnés. Vous avez jusqu’au 9 septembre prochain pour découvrir l’exposition et y participer !


Durant tout le mois de juin 2018, vous pourrez visionner des extraits du débat qui s’est tenu, dans le cadre de la 10e remise du prix du Club des Irrésistibles, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 23 avril dernier.

Aujourd’hui, en 4e position : Le Plongeur de Stéphane Larue (Le Quartanier, 2016). Bonne écoute !

Un grand merci à notre réalisateur Stéphane Richard.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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