10 mai 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Si je vous dis Le Soleil des Scorta, Eldorado, La Mort du roi Tsongor, Ouragan, vous pensez tout de suite au romancier Laurent Gaudé et vous avez bien raison. Mais si je mentionne Onysos le furieux, Pluie de cendres ou Salina, le nom du dramaturge vous vient peut-être moins rapidement en tête. Et pourtant, c’est pour le théâtre que Gaudé a écrit ses premiers textes.

L’œuvre de cet auteur français né en 1972 fait partie de ma vie de lectrice depuis ses tout débuts. J’aime son univers – il fait souvent référence à la mythologie –, l’intelligence de son propos, son style, il me touche et me déstabilise en même temps.

Le Théâtre de Quat’Sous termine sa saison de très belle manière avec la magnifique pièce Le Tigre bleu de l’Euphrate écrite par Gaudé en 2001 et présentée au théâtre de l’avenue des Pins jusqu’au 26 mai 2018.

Autant je connais les écrits de Laurent Gaudé, autant je me rends compte que je sais peu de choses sur Alexandre le Grand, mort à Babylone en Mésopotamie en 323 avant notre ère à l’âge de 33 ans et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Cette création vient donc combler un peu mes lacunes – même si cette pièce n’est pas un cours d’histoire sur cet homme.

Est-ce qu’à trop vouloir on ne finit pas par se perdre ? C’est un peu le destin qu’a vécu ce roi de Macédoine, un être difficile à cerner, détestable et aimable, affamé de conquêtes, mais qui n’a pas su s’arrêter à temps… ce qui, d’ailleurs, lui a coûté la vie.

Cette coproduction du Théâtre de Quat’Sous et d’UBU Compagnie de création restera dans nos mémoires longtemps déjà par la qualité du texte, mais également pour bien d’autres raisons. Parmi celles-ci, la mise en scène de Denis Marleau tout en sobriété, qui laisse place à la parole d’Alexandre le Grand la veille de sa mort, et livrée par un Emmanuel Schwartz au sommet de sa forme.

Le montage vidéo de Stéphanie Jasmin (qui signe aussi les décors avec Denis Marleau) est tout en nuances et répond judicieusement aux propos d’Alexandre le Grand. Par moments, j’avais l’impression de voir des tableaux de Peter Krausz, peintre montréalais. Et que dire de la musique envoûtante de Philippe Brault, qui nous berce dans ces contrées lointaines et qui ponctue l’action élégamment.

J’ai été hypnotisée durant l’heure trente que dure ce soliloque et en rentrant chez moi, j’ai tout de suite eu envie de reprendre le texte de Laurent Gaudé pour en savourer à nouveau les mots mais, cette fois, avec en tête la voix d’Emmanuel Schwartz.

Comme Olivier Kemeid, directeur artistique du Théâtre de Quat’Sous, et Laurent Gaudé ont plusieurs intérêts communs, il n’était qu’une question de temps avant qu’un texte du dramaturge ne soit présenté en ces murs. C’est donc l’occasion d’en profiter !


Mon émission Culture à la carte, à radio VM, fait relâche durant la période estivale… de retour en septembre. Merci de votre fidélité tout au long de l’année.

Comme ce sera silence radio durant quatre mois, nous vous proposons, au fil des prochaines semaines, différentes captations vidéos pour souligner le 20e anniversaire de la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont. Des artistes de tous les horizons nous parleront de leur travail et nous feront découvrir cinq livres qui les ont marqués.

Pour débuter, voici le montage réalisé par notre vidéaste Stéphane Richard, qui retrace le parcours de la bibliothèque Robert-Bourassa d’hier à aujourd’hui. Bon visionnement !



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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