26 avr 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour,

Un grand merci à vous tous et à vous toutes qui avez participé à cette 10e remise du prix du Club des Irrésistibles qui s’est tenue à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont.

Encore une fois, la lutte a été serrée et les débats, passionnants.

Le Poids de la neige de Christian Guay-Poliquin (La Peuplade, 2016) a obtenu la faveur des membres du jury et remporte le prix des Irrésistibles 2018.

En 2e position, Étincelle de Michèle Plomer (Marchand de feuilles, 2016).

En 3e position, Chanson douce de Leïla Slimani (Gallimard, 2016).

En 4e position, Le Plongeur de Stéphane Larue (Le Quartanier, 2016).

En 5e position, La Nature exposée d’Erri De Luca (Gallimard, 2016, 2017).

Grâce à notre vidéaste Stéphane Richard, vous pourrez voir et entendre d’ici la mi-mai cinq extraits des commentaires des membres du jury sur les titres qui étaient en lice.


Êtes-vous parmi ceux et celles qui ont lu Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit ? Il fallait le grand talent d’Hugo Bélanger à la mise en scène et la performance époustouflante et nuancée de Sébastien René pour faire passer le roman de Mark Haddon à la scène. Cette pièce est une réussite sur toute la ligne. Dès la première réplique, j’ai été conquise !

J’ai l’impression que tout ce que touche Hugo Bélanger se transforme en succès. Bien sûr, il n’est pas le premier à s’attaquer à cette pièce du dramaturge britannique Simon Stephens qui a, par ailleurs, remporté plusieurs prix. Sa mise en scène est allumée, inventive, remplie de trouvailles ingénieuses ; à la scénographie, Jean Bard fait encore de petits miracles ; la vidéo de Lionel Arnould est en accord parfait avec son sujet et l’interprétation des dix comédiens, dont la majorité joue différents rôles, est formidable.

C’est l’histoire de Christopher Boone (Sébastien René), un jeune garçon de 15 ans, 3 mois et 2 jours, atteint d’une maladie jamais nommée, mais qui se rapproche du syndrome d’Asperger. Il est très doué avec les chiffres – il connaît les nombres premiers jusqu’à 7507 –, dit toujours la vérité, ne peut supporter qu’on le touche et aime passer du temps seul.

Ed, son père (Normand D’Amour), est beaucoup plus patient avec son fils que ne l’est Judy, sa mère (Catherine Proulx-Lemay), mais tous les deux sont très attachés à Christopher. Tout va relativement bien dans leur vie, jusqu’au jour où le garçon trouve Wellington, le chien de Mme Shears, mort d’une fourche plantée dans le corps. Qui a pu faire une chose aussi terrible ? Bouleversé, traumatisé, il décide de faire enquête. Il veut trouver le ou la coupable, à la façon de Sherlock Holmes qu’il aime beaucoup. Son père lui dit de se mêler de ses affaires, mais il n’en fait qu’à sa tête et va voir un à un ses voisins pour leur poser des questions. Sa logique et ses déductions lui font vivre des expériences auxquelles il n’était pas préparé, mais qui le feront progresser vers une plus grande autonomie.

Siobhan (touchante Catherine Dajczman – que l’on ne voit malheureusement pas assez souvent sur nos scènes théâtrales), la professeure compatissante de Christopher, lui est d’un grand secours, lui donne de bons conseils et va le pousser à surmonter certaines peurs.

Si les étoiles éclairent le ciel la nuit, cette pièce illumine nos vies durant le temps de la représentation. Profitons de cette production, présentée chez Duceppe jusqu’au 19 mai 2018, pour nous rappeler que ce qui nous distingue des autres ne nous en éloigne pas, bien au contraire, mais fait aussi notre charme, notre force.


Est-ce qu’il vous arrive de retourner voir une pièce de théâtre ? Moi oui, quand mon horaire me le permet. J’avais assisté en mai 2015, dans la salle intime du Prospero, à Béa de Mick Gordon. Quand j’ai appris que la pièce serait au programme de La Petite Licorne en avril 2018, j’ai tout de suite su que j’allais la revoir. Elle m’avait alors beaucoup touchée et encore plus cette fois. Donc, aucun regret, bien au contraire.

Il y a des pièces, comme ça, qui prennent du coffre au fil des ans, soit parce que leur propos est encore plus d’actualité, soit parce que les comédiens ont mûri – et nous aussi, probablement. Cette production du Théâtre La Bête Humaine en codiffusion avec le Théâtre de la Manufacture, en est l’exemple parfait.

Bien sûr, l’aide médicale à mourir n’est pas un sujet des plus gais. Je vous entends même d’ici me dire que le sujet est triste, qu’avec ce printemps qui tarde, vous avez plutôt envie de voir quelque chose de joyeux, de plus lumineux. Et pourtant ! L’une des qualités de cette pièce, c’est qu’elle ne tombe jamais dans le pathos et qu’Olivia Palacci, à la mise en scène, évite le piège de vouloir en rajouter plus que nécessaire.

L’auteur réussit à nous émouvoir, certes, mais aussi à nous faire rire à plusieurs occasions. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de se demander, durant l’heure 45 que dure la pièce, ce qu’on ferait si un membre de notre famille, ou un ami proche, nous demandait d’abréger ses souffrances…

Les jours de Béa (magnifiquement interprétée par Alexandra Cyr) sont comptés. Elle a une maladie dégénérative depuis huit ans qui la cloue au lit, sans espoir de guérison. Pour l’aider à s’occuper d’elle, sa mère, Catherine James (très juste Suzanne Lantagne), avocate de profession, cherche la perle rare, la personne qui plaira à sa fille. Son choix, ou devrais-je dire celui de Béa, s’arrête sur Ray (Yannick Chapdelaine, drôle et touchant à la fois), même s’il a peu d’expérience – il n’est aide-soignant que depuis deux ans. Ce gaffeur volubile permet à Béa de s’évader un peu, de penser à autre chose qu’à ses douleurs. Il occupe son esprit durant quelques heures, tout au moins.

La pièce est présentée à La Petite Licorne jusqu’au 4 mai. Faites-vous un cadeau. Allez voir ce huis clos, car je suis certaine que vous non plus, vous ne le regretterez pas !


Le lundi 30 avril, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la metteure en scène Marie Brassard, qui nous parlera de la pièce La Vie utile d’Evelyne de la Chenelière, présentée à l’Espace Go jusqu’au 19 mai 2018, puis du 28 mai au 1er juin dans le cadre du Festival TransAmériques.

Lundi dernier, je recevais Jessie Mill, dramaturge et conseillère artistique au Festival TransAmériques (FTA), venue nous parler, cette fois, du volet danse de la programmation 2018, festival qui se tiendra du 23 mai au 7 juin.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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