29 mar 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

De quel côté faut-il chercher pour trouver La femme qui tuait les hommes (Robert Laffont, 2018) d’Eve de Castro ? Ce roman est habilement construit et ses enjeux piquent notre curiosité.

Comme dans la majorité des publications de l’auteure française, l’Histoire côtoie celle des gens ordinaires. Il est donc ici question de deux parcours, de deux destins, de deux villes.

L’action, qui alterne entre le Saint-Pétersbourg de 1909 et le Paris de 2017, nous tient en haleine du début à la fin. Mais qu’est-ce qui relie ces histoires ? Possiblement la vengeance de deux femmes fort différentes. Leur but ultime ? Pour l’une, permettre à des femmes de se sortir du joug de leur mari violent ou abusif, pour l’autre, faire payer un homme pour le tort fait à une femme.

Alexandra Grigorievna Popova, dite Lena, a perdu son mari en 1891 lors de l’incendie de leur maison. Depuis, comme elle le dit, elle va chez qui a besoin d’elle. Non pas pour faire le ménage ou s’occuper des enfants, mais pour faire disparaître un conjoint qui abuse, d’une façon ou d’une autre, de son épouse. Mais le fait-elle réellement pour aider ces femmes qu’elle ne connaît pas ou n’est-ce pas plutôt par amour pour Vladimir Ilitch Oulianov, plus connu sous le nom de Lénine ? Chacun son combat, sa révolution, sa façon de faire… En 1909, alors qu’elle est âgée de 44 ans, Lena sera-t-elle rattrapée par la justice russe ?

D’autre part, Jeanne Murier-Charançonnet, est née dans un petit village de Savoie en 1937. Confiée aux sœurs de la Croix à l’âge de 11 ans, puis enlevée et violée par des hommes qui l’ont forcée à travailler dans un cirque durant cinq ans, Jeanne rencontre le seul homme qui a vraiment compté dans sa vie : Maurice Barcieugues. Le bonheur sera malheureusement de courte durée, car Maurice meurt accidentellement à Samara en 1953 où il était parti travailler sur un chantier. Jeanne passera les quarante années suivantes comme couturière à l’Opéra de Paris « à repriser, rafistoler, retoucher, repasser des costumes ».

À l’aube de ses 80 ans, le hasard met Lucie Dormeur sur la route de Jeanne. Cette jeune femme de bonne famille lui raconte, alors qu’elles sont au Musée Grévin, comment sa vie a basculé le jour où elle est tombée follement amoureuse d’un écrivain cinquantenaire, Paul Brideau. Malgré qu’elle sache que ce Gascon de naissance multiplie les liaisons et fréquente plusieurs femmes en même temps, Lucie est prête à bien des sacrifices pour lui.

À la suite de ces confidences, Jeanne sonne à la porte du 21, rue Godot-de-Mauroy, dans le 6e arrondissement. Elle a obtenu d’être reçue par Paul. Elle tente alors de le convaincre de la garder à son service prétextant qu’il a besoin d’elle. Il finit par accepter sa proposition. En plus de s’occuper du quotidien de Paul, Jeanne se rend tous les soirs à la bibliothèque François-Mitterrand pour faire des recherches sur une période précise de la Russie. Elle se sent porteuse d’une mission ? Mais laquelle et pourquoi ?

Qu’est-ce qui relie Jeanne, Lena, Paul et Lucie ? Tout ce que je peux dire, c’est que la trame de La femme qui tuait les hommes est tissée serrée, que les diverses intrigues se croisent et s’entrecroisent… J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman et je vous en souhaite autant.


Culture à la carte fait relâche le 2 avril, lundi de Pâques oblige. Rendez-vous le 9 avril en compagnie de la comédienne Alice Pascual.

Lundi dernier, je recevais la metteure en scène Catherine Vidal, venue nous parler de la pièce L’Idiot d’Étienne Lepage d’après le roman de Fiodor Dostoïevski, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 17 avril 2018.



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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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