15 mar 2018

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Si je vous dis que j’ai lu L’Ordre du jour (Actes Sud) d’Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, au mois de novembre dernier, mais que je n’ai pu vous écrire ces quelques lignes avant aujourd’hui, me croirez-vous ? Ce n’est certes pas la longueur du roman, à peine 150 pages, qui m’a retardée pas plus que la difficulté à suivre l’histoire.

Mais ma lecture terminée, j’ai décidé de faire des recherches plus approfondies sur les 24 hommes présents en ce 22 février 1933, à Berlin, plus précisément dans le salon du palais du président du Reichstag. L’invitation avait été lancée par Hermann Goering, dans le but de rencontrer celui qui était depuis un mois le nouveau chancelier de l’Allemagne, Hitler.

Hitler venu leur parler durant une petite demi-heure qu’il « fallait en finir avec un régime faible, éloigner la menace communiste, supprimer les syndicats et permettre à chaque patron d’être un Führer dans son entreprise ». Et une fois le chancelier parti, Hermann Goering et Hjalmar Schacht de demander à ces riches hommes d’affaires de contribuer à la caisse du parti nazi.

Les individus dont il est question ici ne sont pas n’importe qui. Parmi eux, on compte la crème des industriels allemands, mieux connus par leur nom d’entreprise : Opel, IG Farben, Bayer, Siemens, Agfa, etc.

Qui entend-on ? Goering qui dicte son « ordre du jour » et qui a mis sur pied la Gestapo ; Arthur Seyss-Inquart « qui a été l’un des acteurs principaux de l’incorporation de l’Autriche au Troisième Reich » ; Joseph Goebbels qui a filmé cette période de l’Histoire honteuse ; Gustav Krupp et plusieurs autres qui « louèrent » des déportés dans les camps de concentration pour les faire travailler à leur solde, au bénéfice de leur compagnie.

Vous découvrirez que lors d’une « parade » tant attendue il y a eu du sable dans l’engrenage, ce qui a mis Hitler hors de lui en ce 12 mars 1938… C’est d’ailleurs le seul moment du livre où on se permet un petit sourire car, pour le reste, la Deuxième Guerre mondiale commencée par l’invasion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie donne plutôt la nausée.

Bien sûr, on ne peut refaire l’Histoire, mais nous pouvons au moins tenter de ne pas répéter les abominations du passé… À moins d’être naïf, sourd et/ou aveugle, si l’on regarde l’état actuel du monde, le constat est désolant : nous n’avons rien retenu de nos erreurs.

Réglé comme une horloge suisse, Éric Vuillard réussit à nous faire passer par toutes les gammes d’émotions… Lecture à mettre à « l’ordre du jour » de vos prochaines activités !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


Le lundi 19 mars, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec l’auteure et comédienne Marie-Claude St-Laurent, qui nous parlera de la pièce Chienne(s) – coécrite avec Marie-Ève Milot –, présentée à la salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 7 avril 2018.

Lundi dernier, je recevais Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) qui, à titre de commissaire, était venu nous parler de l’exposition Napoléon. Art et vie de cour au palais impérial, présentée au MBAM jusqu’au 6 mai 2018.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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