30 nov 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais cela faisait des années que je me demandais ce qu’était devenu Marcel, personnage si attachant créé par Michel Tremblay, enfant conçu durant la Deuxième Guerre mondiale et dont le père, Paul, est mort au combat… Marcel, celui-là même qui avait mis le feu aux cheveux de sa mère et qui parlait à son chat Duplessis – qu’il était le seul à voir avec « les tricoteuses ».

Si je me fie à mes notes, sa dernière apparition date de 1997 dans Un objet de beauté. Il a donc fallu patienter vingt ans avant de le retrouver dans Le Peintre d’aquarelles (Actes Sud, Leméac). L’attente en valait la peine !

Dans ce court roman de 154 pages, Michel Tremblay nous rappelle dans quelles circonstances Marcel a abouti à l’âge de 23 ans à l’hôpital psychiatrique de Nominingue alors qu’il souffrait de crises d’épilepsie et qu’il vivait toujours avec sa mère dans un entresol du 410, rue Sherbrooke est. Encore, aujourd’hui, Marcel « reçoit de la visite » s’il ne prend pas ses médicaments…

Dans le prélude, Marcel dit : « […] La mer, c’est un rêve. Je n’ai jamais vu la mer, je n’ai jamais pris l’avion, en fait je n’ai pas quitté Nominingue depuis plus de cinquante ans. » Effectivement, Marcel maintenant âgé de 76 ans est plutôt entouré de montagnes. Devenu aquarelliste « […] ce ne sont pas des portraits de la nature que je fais, mais des interprétations », ses toiles se vendent comme des petits pains chauds à la Galerie du Nord tenue par Colette Dieudonné.

Par l’entremise du journal qu’écrit Marcel, nous avons des échos de certains membres de sa famille. Il revient, à notre plus grand bonheur, sur les années du Coconut Inn alors que Thérèse sa grande sœur tant aimée y était serveuse, ce même bar où il avait été témoin de la mort de celle qu’il admirait, la chanteuse Mercedes Benz.

Il mentionne aussi l’école des Saints-Anges, la rue Fabre, le magasin L. N. Messier sur le Plateau-Mont-Royal, nous glisse un mot sur son oncle Édouard qui était alors vendeur de chaussures chez Giroux et Deslauriers, ou alors sur sa tante Nana et son oncle Josaphat. Repenser à toute cette grande famille enfantée par Tremblay dont je suis le destin depuis des décennies me rend un peu nostalgique…

Marcel raconte ensuite les années où il a travaillé dans les Laurentides comme « homme à tout faire » à la ferme des Gariépy avant d’être « adopté » par le couple du docteur Loiselle qui n’avait pas eu d’enfants.

Je ne dirai rien d’autre car, comme moi, vous serez sûrement estomaqué par le postlude de deux petites pages qui vous arrachent des larmes. Vous m’en reparlerez…

En terminant, nous pourrions spéculer sur le prochain personnage que revisitera Michel Tremblay. Des suggestions ?


Le lundi 4 décembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Cheryl Sim, commissaire de deux expositions : L’Offre qui accueille neuf artistes et Bill Viola. Naissance à rebours, présentées à DHC/Art Fondation pour l’art contemporain jusqu’au 11 mars 2018.

Lundi dernier, je recevais la metteure en scène Lorraine Pintal, venue nous parler de la pièce Vu du pont d’Arthur Miller, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 9 décembre 2017, puis en tournée dans plusieurs villes du Québec du 16 janvier au 10 février 2018.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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