26 oct 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Que dire d’Ici, ailleurs (Alto, 2017) de Matthieu Simard sans trop en dévoiler mais juste assez pour vous inciter à le lire ? J’ai commencé ce roman sans grandes attentes mais, dès les premières lignes, j’ai été épatée par le style et par la force de cette histoire qui se déroule à l’été 1977 dans un petit village du Québec où les habitants partent les uns après les autres laissant leurs maisons à l’abandon.

La narration alterne entre Marie, violoncelliste trentenaire, et Simon. En couple depuis presque dix ans, ils ont vendu leur maison de Montréal pour s’installer dans ce village bientôt « fantôme » où ils ont acheté une demeure centenaire qui appartenait à celui surnommé le « vieux ».

Page 120, Marie dit : « Chaque village a ses histoires, ses drames ses accidents ses disparus. Je ne crois pas au destin et j’imagine que si nous avions atterri ailleurs on aurait fini par nous raconter des horreurs similaires. […] Nous avons choisi cette maison, ici, pour être loin de notre ancienne maison, en pensant que la distance changerait quelque chose. Nous nous trompions, bien sûr, sur l’endroit, sur la façon. »

On fait donc connaissance avec plusieurs personnages : Madeleine, serveuse dans le seul resto de la place, Lyne, dans l’unique bar qui sert de la 50, Fisher, qui s’occupe du garage et de la station-service, Alice, 19 ans, revenue sourde-muette dans le village qui l’a vu naître, l’épicier qui a décidé de fermer boutique à l’automne pour aller vivre en ville, Anne-Bénédicte, son mari Christian et leurs deux enfants qui viennent passer leurs étés dans leur résidence secondaire. Et pour connaître les liens entre chacun des villageois, il vous faudra attendre la toute fin.

Tout et son contraire sont possibles : parler ou s’enfermer dans le silence ? Fuir ou rester ? Affronter ou camoufler ? Tomber pour mieux se relever ou rester par terre, car les dés sont jetés ? Se soigner ou mourir à petit feu ? Ici ou ailleurs, est-ce que la souffrance est plus tolérable ?

Ce qui est fabuleux dans le livre de Matthieu Simard, c’est sa composition, le va-et-vient entre le réalisme et l’imaginaire, sans compter toutes les questions que ce roman soulève. Pourquoi Marie et Simon sont-ils venus se perdre dans ce lieu déserté ? Qu’est-ce qui a bien pu leur arriver pour qu’ils perdent foi en la vie ? Pourquoi personne n’a-t-il l’air heureux dans ce village jamais nommé ? Pourquoi les habitants, pas très accueillants, n’aiment pas la venue de nouveaux arrivants ? Vous aurez, pour certaines, les réponses au fil des pages, pour d’autres cela restera un mystère. Bonheur de lecture garantie !


Le lundi 30 octobre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la metteure en scène Monique Duceppe, qui nous parlera de la pièce Les Secrets de la Petite Italie de Steve Galluccio, présentée chez Duceppe jusqu’au 2 décembre 2017.

Lundi dernier, je recevais Mary-Dailey Desmarais, conservatrice de l’art moderne international au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), responsable de l’édition montréalaise et co-commissaire de l’exposition Il était une fois… le western – Une mythologie entre art et cinéma, présentée au MBAM jusqu’au 4 février 2018.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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