12 oct 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Brigitte Haentjens a de multiples talents : directrice artistique du théâtre français du Centre national des arts à Ottawa, fondatrice de la compagnie de théâtre Sibyllines, metteure en scène et écrivaine, cette femme orchestre nous propose le très sensuel et poétique Un jour je te dirai tout publié aux éditions du Boréal.

Comment vous parler de ce roman d’à peine 106 pages, sans trahir toute la beauté et l’érotisme qui s’en dégage ? Tout respire le désir amoureux, l’urgence entre une jeune Parisienne qui a la bougeotte et un Montréalais d’origine hongroise.

Le lieu n’est jamais nommé, mais l’auteure y parle, entre autres, de Brennivín et de Reyka, la vodka locale de l’Islande. J’en ai donc déduit, peut-être à tort, que l’histoire se déroulait sur cette « terre de glace ». Mais au final, la rencontre d’Élisa et d’Olav Gunzwiller, de dix ans son aîné, aurait pu survenir n’importe où.

Élisa se remémore l’été de ses 20 ans, un moment marquant dans sa vie de femme où fulgurance rime avec béance. Orpheline de mère, elle vit alors à Paris chez son père, un homme violent qu’elle ne porte pas dans son cœur. Élisa, qui fait partie d’un groupe rock alternatif, aime voyager, découvrir de nouveaux horizons.

Dès le lendemain de son arrivée sur l’île, elle est attirée par Olav qui lui confesse tout de go : « Je suis fou. J’ai toujours su que ma tête était fêlée. Tout jeune déjà. C’est dans la famille. » Cet aveu n’empêche en rien Élisa de partir sur les routes avec cet homme qui l’attire comme un aimant.

Mais, après dix jours à parcourir à bord d’une voiture italienne cette terre sauvage, à faire l’amour jusqu’à plus soif, partout, tout le temps, que va-t-il leur arriver ? Quelle sera la suite des choses ? Séparation ou continuité ? Douleur abyssale du manque ou joie de prolonger cette rencontre inattendue ?

Le texte est également parsemé de noms de femmes : Virginia Woolf, Carson McCullers, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann, Marguerite Duras, Inge Müller, Sarah Kane, Nelly Arcan qui ont certains points en commun, surtout celui d’être de grandes écrivaines et de faire partie, d’une manière ou d’une autre, de l’univers de Brigitte Haentjens.

Un jour je te dirai tout m’a séduite, touchée, chamboulée.


Grand moment théâtral au Rideau Vert qui présente La Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller jusqu’au 11 novembre.

Aucun retour sur scène n’était autant attendu que celui de Marc Messier sauf, peut-être, celui de Micheline Lanctôt en mai dernier. Revenir au théâtre avec ce chef-d’œuvre d’Arthur Miller écrit en 1949 était un pari risqué, mais ô combien réussi.

On a tous entendu parler de l’histoire de ce commis voyageur de soixante ans, Willy Loman (touchant Marc Messier), qui vend, entre autres, des bas de soie à travers les États-Unis. Cet homme usé jusqu’à la corde vit dans le déni, fabule et soliloque de plus en plus. Il voudrait, après 36 années de service au sein de la même entreprise, que son patron lui accorde la permission de continuer d’exercer son métier en ville, sans déplacements à l’extérieur.

Willy est entouré de sa femme Linda (bouleversante Louise Turcot) qui lui pardonne tout et tente de répondre à ses besoins, de ses fils Biff (Éric Bruneau) et Happy (Mikhaïl Ahooja) qui pataugent dans cette famille de condition modeste où les mensonges s’accumulent.

Willy Loman se questionne de plus en plus : a-t-il fait les bons choix dans la vie ? N’aurait-il pas dû, à une certaine époque, accepter la proposition de son frère Ben (Robert Lalonde) ? Il réalise que Biff, son fils préféré, en qui il fondait de grands espoirs, n’est pas à la hauteur de ses rêves…

Serge Denoncourt a mené de main de maître cette pièce campée dans l’American Dream et les décors minimalistes de Guillaume Lord permettent de donner toute la place au jeu des comédiens et au texte d’une grande richesse d’Arthur Miller.

Si La Mort d’un commis voyageur, qui part en tournée dans plusieurs villes du Québec du 10 janvier au 3 février 2018, passe près de chez vous, ne ratez pas l’occasion !


Le lundi 16 octobre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la comédienne Louise Turcot, qui nous parlera de la pièce La Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 11 novembre 2017 et, en tournée, dans plusieurs villes du Québec du 10 janvier au 3 février 2018.

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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