28 sept 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Une rentrée littéraire sans un roman d’Amélie Nothomb, c’est de l’ordre de l’impossible. J’ai donc lu avec beaucoup de plaisir ce conte que propose l’auteure belge, Frappe-toi le cœur (Albin Michel, 2017), qui expose, au cœur de son récit, des sentiments peu nobles tels la jalousie, le mépris et la haine.

En 1971, Marie, alors âgée de 19 ans, étudiait le secrétariat. Rien de palpitant. Un soir, alors qu’elle participait à une fête de son village, son choix s’est arrêté sur le plus beau garçon du patelin, Olivier, le fils du pharmacien. Ils décidèrent de se marier et eurent trois enfants : Diane, suivie, deux ans et demi plus tard, de Nicolas. Célia, la petite dernière, vint au monde en 1977.

Il était donc une fois… une famille qui avait tout pour être heureuse, mais Marie, jalouse de sa fille aînée, ne l’aimait pas et ne voulait pas s’en occuper.

Olivier, lui, ne disait rien, car même s’il chérissait de tout cœur ses enfants, il était à un tel point amoureux et obnubilé par sa femme qu’il ne voyait pas vraiment ses travers et encore moins comment elle traitait Diane.

Pourtant leur aînée était une bonne personne, intelligente et d’une grande beauté. Elle avait même, dès l’âge de 11 ans, décrété qu’elle deviendrait médecin.

Mais le mur construit par Diane pour se protéger de sa mère, ne cessa de s’effondrer à divers moments de sa vie et plus le temps passait, moins elle comprenait l’indifférence de sa mère à son égard. Elle décida d’aller vivre chez ses grands-parents maternels qui eux l’aimaient.

Les années passèrent. Diane se concentra sur ses études en médecine et choisit la cardiologie comme spécialité. Elle fit alors la connaissance d’Olivia Aubusson, maître de conférences dans la quarantaine, mariée et mère d’une jeune fille de onze ans. Olivia était une femme articulée, d’une grande intelligence, qu’elle admira aussitôt…

À partir de cette rencontre, j’ai trouvé que, sur certains aspects (usurpation, vol d’idées, mensonges qui s’accumulent, etc.), il y avait des airs de parenté avec le roman de Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie (2015). Vous me direz ce que vous en pensez ?

À mon avis, l’une des forces de Frappe-toi le cœur, c’est qu’Amélie Nothomb a réussi à démontrer que l’on peut surmonter déceptions, trahisons et chagrins, tout prenant sa place dans la société.


Petite confession : j’appréhendais de revoir, dix ans après sa création, Bashir Lazhar d’Evelyne de la Chenelière. Je gardais tellement un bon souvenir de cette pièce, que j’avais peur de comparer le jeu de Rabah Aït Ouyahia à celui du regretté Denis Gravereaux.

Sincèrement, dès les premières minutes, Rabah Aït Ouyahia est d’une telle justesse dans son rôle d’Algérien exilé au Québec avec l’espoir « d’obtenir le statut de réfugié politique » que j’ai mis en dormance la prestation de Denis Gravereaux, ce qui n’est pas peu dire.

Martine Lachance, enseignante d’une classe de 6e B, vient de se suicider à même les murs de l’école. Bashir Lazhar voit là une occasion de travailler, dans l’attente que sa famille vienne le rejoindre. Il réussit donc à convaincre la directrice de l’engager – même si dans la réalité, c’est sa femme qui exerce ce métier.

Père de trois enfants, homme discipliné, qui a à cœur le français et sa syntaxe, Bashir Lazhar fait tout son possible pour inculquer aux jeunes, à l’aide de lectures de textes classiques et de dictées, les rudiments de la langue, remplie de subtilités et de pièges de toutes sortes. Bashir a une manière bien à lui d’intéresser les élèves à son cours de français et ne manque pas d’idées pour les stimuler. Il sollicite l’opinion de l’un et de l’autre, donne conseil quand il en sent le besoin. C’est un homme bon et empathique.

Ce texte n’a pas pris une ride, bien au contraire. Il ne peut pas être plus d’actualité avec tous ces reportages et papiers sur les réfugiés et les enseignants.

Sylvain Bélanger a réussi à porter de manière fort habile le texte drôle et touchant d’Evelyne de la Chenelière. Il en fait ressortir la poésie derrière laquelle se cachent plusieurs drames.

Je souhaite que cette production du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, présentée jusqu’au 14 octobre, soit vue par le plus grand nombre d’étudiants et de professeurs pour qu’ils puissent, à leur tour, faire comme Bashir Lazhar : prendre le temps de discuter et d’échanger afin de mieux connaître l’autre.


Le lundi 2 octobre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Carmen Jolin, directrice artistique et générale du Groupe de la Veillée et du théâtre Prospero, qui nous parlera de la pièce Je disparais d’Arne Lygre, mise en scène par Catherine Vidal, et présentée au Prospero jusqu’au 21 octobre 2017, puis au Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa du 1er au 4 novembre.

Lundi dernier, je recevais la comédienne Marie-Andrée Lemieux, venue nous parler de la comédie musicale Demain matin, Montréal m’attend de Michel Tremblay, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 22 octobre 2017 et en tournée à travers le Québec à partir du mois de mars 2018.



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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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