14 sept 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Il y a de fortes chances que vous soyez parmi les 20 millions de personnes qui ont eu entre les mains La Fille du train publié en 2015 et traduit en plus de 40 langues et/ou que vous ayez vu le film qu’en a tiré Tate Taylor en 2016.

Cette fois, Paula Hawkins nous donne à lire Au fond de l’eau (éditions Sonatine, 2017). Impossible de résumer ce roman de plus de 400 pages qui donne la parole à plusieurs narrateurs, dont l’enquêteur en chef Sean Townsend et le sergent Erin Morgan, car investigation il y aura.

Je ne vous donne que le point de départ qui, par le biais de retours en arrière, nous permet de faire le pont entre les différentes intrigues.

Été 2015. Julia Abbott, qui se fait appeler Jules – je n’ai d’ailleurs pas compris pourquoi –, doit retourner dans la petite localité de Beckford où elle a grandi, car on vient de lui apprendre que Nel, sa sœur aînée, a été retrouvée morte dans la rivière. S’est-elle noyée ? S’est-elle suicidée ? Si oui, pourquoi ? Ou l’a-t-on poussée de la falaise ? Qui pouvait lui en vouloir à ce point ?

Il est vrai que Nel était à écrire Le Bassin aux noyées, manuscrit dans lequel elle affirmait que « Beckford n’est pas un lieu à suicide. Beckford est un endroit où on se débarrasse des femmes à problèmes. » Elle voulait simplement comprendre et connaître la vérité, ou devrais-je dire les vérités, sur ces multiples décès.

Nel Abbott n’est pas la première à mourir ainsi cette année (meurtre ou geste volontaire ?), car trois mois plus tôt Katie Whittaker, une jeune adolescente talentueuse et facile à vivre, a subi le même sort et avant elles, plusieurs autres femmes de la communauté. Existe-t-il un lien entre toutes ces morts ?

Et si les villageois écoutaient un peu plus Nickie Sage qui parle aux morts ? Pourquoi le professeur Mark Henderson veut-il quitter Beckford pour aller vivre le plus loin possible ? Est-ce que Lena, la fille de Nel et la meilleure amie de Katie, aurait commis l’irréparable par jalousie ? Une chose est sûre, c’est que les souvenirs des gens ne correspondent pas toujours à la réalité qu’une autre personne en a gardé, ce qui peut créer des malentendus qui parfois empoisonnent la vie de certains individus…

Comme Paula Hawkins a parsemé son texte de plusieurs fausses pistes et de certains éléments qui ne sont pas nécessairement reliés les uns aux autres, il ne faut pas trop traîner pour poursuivre la lecture d’Au fond de l’eau.

Ah oui ! Un film suivra. Les droits d’adaptation du roman sont déjà réservés. À suivre !


Lorsque la pièce Coco de Nathalie Doummar avait été présentée à La Licorne en janvier 2016, je n’avais pu voir cette production du Théâtre Osmose – en collaboration avec Lez Spread the Word et en codiffusion avec le Théâtre de la Manufacture. Par contre, quand j’ai appris qu’elle serait remise à l’affiche jusqu’au 19 septembre, j’ai vu là l’occasion de me reprendre.

Si, comme moi, vous avez vu à l’Espace Libre Table rase de Catherine Chabot (avec la collaboration de Brigitte Poupart et des interprètes), vous ne pourrez faire autrement que de trouver des similitudes entre les deux pièces, à commencer par le lieu où se déroule l’action et l’amitié qui unit des amies de toujours alors que l’une d’elles est sur le point de mourir. Mais rapidement on cesse de comparer, car même si le point de départ est similaire, le ton n’est pas du tout le même, beaucoup moins cru ici.

L’histoire est celle de cinq amies d’enfance au profil singulier – ce qui fait leur charme. Elles se réunissent après que l’une d’elles soit décédée. Elles ont en leur possession le journal intime de la défunte. Alors qu’elles en lisent des passages, la pièce est ponctuée de retours en arrière qui permettent, entre autres, d’aborder plusieurs sujets (sexualité, amitié, maternité, amour, fidélité et infidélité) ce qui, par le fait même, nous donne l’occasion de mieux connaître Coco, Viviane, Maggie, Katya et Simone. Malgré leurs différences, ces filles sont solidaires et unies, autant dans la joie que dans la tristesse.

Belle idée que de confier la mise en scène à Mathieu Quesnel qui a réussi à bien aiguiller ces cinq talentueuses comédiennes que sont Sylvie De Morais Nogueira (touchante et empathique en Coralie, dite Coco, rôle qu’elle tient en alternance avec Nathalie Doummar), Anne-Marie Binette (ma révélation du spectacle), Marie Soleil Dion (que l’on peut voir, entre autres, dans la série télé Les Simone), Kim Despatis (inoubliable dans la pièce Et au pire, on se mariera) et Sarah Laurendeau (qui est aussi de la distribution de Table rase).

Des supplémentaires ne cessent d’être rajoutées à cette pièce, drôle et touchante à la fois… ce qui veut bien dire quelque chose, non ?

Que deviendront ces jeunes femmes à l’aube de leur trentaine après le départ prématuré de l’une d’elles ? Est-ce que leur amitié survivra ? Peut-être y aura-t-il une suite qui nous le dira. C’est ce que je nous souhaite…


Le lundi 18 septembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Luce Pelletier, directrice générale et artistique du Théâtre de l’Opsis et metteure en scène de la pièce Les Enfants d’Adam d’Audur Ava Ólafsdóttir, présentée au Studio Hydro-Québec du Monument-National jusqu’au 8 octobre 2017.

Lundi dernier, je recevais le metteur en scène et traducteur Frédéric Blanchette, venu nous parler de la pièce Quand la pluie s’arrêtera d’Andrew Bovell, présentée chez Duceppe jusqu’au 14 octobre 2017.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*