20 juil 2017

Le Billet de la semaine

Erri De Luca nous dit, d’entrée de jeu, que La Nature exposée (Gallimard, 2016, 2017) « est un récit théologique ». N’ayez crainte ! C’est d’abord et avant tout une très belle histoire qui reprend les thèmes chers à l’auteur.

Dans ce roman écrit au « je », le narrateur solitaire, un sculpteur italien fin cinquantaine, est le jumeau d’un frère décédé à l’âge de six ans, emporté par un courant alors qu’il pêchait la truite. Il ne croit pas en Dieu, mais a déjà cru en l’amour – une femme qu’il a beaucoup aimée et qui fut son point d’ancrage.

Sa maison est la dernière du village. Il habite non loin de la frontière, « au pied de montagnes » dont il connaît tous les recoins. L’été venu, il vend des sculptures en bois et en pierre qu’il a façonnées durant la période hivernale. Il est artisan et ne se considère pas comme un artiste. Le reste du temps, on le contacte pour rabibocher des sculptures, surtout celles que l’on retrouve dans des lieux saints.

Son village en est un d’hommes, les femmes ayant préféré vivre en ville. Depuis peu, des inconnus, qui ne parlent pas sa langue, veulent traverser les montagnes mais, sans guide, la plupart meurent en chemin. Moyennant un certain montant, le forgeron, le boulanger et le sculpteur – amis depuis l’enfance – accommodent les demandeurs.

Et puis, pour une raison que je ne dévoilerai pas, le forgeron et le boulanger obligent le sculpteur à quitter les lieux. Dès le lendemain, le voilà sur les routes, s’arrêtant ici et là pour demander du travail. Il en trouvera dans la grande église d’un village situé près de la mer où un curé d’Amérique latine lui propose de remettre dans son état d’origine « un crucifix grandeur nature » auquel les autorités ecclésiastiques avaient, il y a fort longtemps, fait rajouter sur le Christ un drapé.

Le narrateur prend gîte et pension dans la petite ville où il se lie à un ouvrier algérien musulman, un rabbin et une femme qui, très vite, lui proposera de « faire la traversée des contrebandiers avec [lui] ». Pourquoi une telle demande ? Va-t-il accepter ? Que va-t-il lui arriver s’il retourne dans son village ?

Ce récit peut être lu avec différentes lunettes. Je ne suis pas certaine d’avoir les clés pour en saisir toutes les subtilités, mais cela n’a en rien gâché mon plaisir de lecture car, encore une fois, la beauté du texte et l’intelligence du propos sont au rendez-vous !


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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