13 juil 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Déjà, juste le titre Danser au bord de l’abîme de Grégoire Delacourt (JC Lattès, 2017) laisse entrevoir un danger, une chute probable. Roman sur le désir qui surgit alors qu’on ne s’y attend pas, un appel jusqu’au vertige. Mais pour Emma « vivre, c’est danser au bord de l’abîme ».

C’est précisément ce qui arrive à la narratrice, Emmanuelle, dite Emma, qui nous dit : « Je tente d’expliquer, à défaut de chercher à être pardonnée. Je vais essayer, au fil de mon histoire, de rendre sa grâce à la banalité d’une vie. »

À 39 ans, la vie d’Emma va chavirer. Elle ne l’a pas cherché, c’est arrivé. Fille unique, elle mène une vie simple, mais heureuse à Bondues, à une dizaine de kilomètres de Lille, aux côtés d’Olivier, son mari depuis bientôt 20 ans, et de ses trois enfants. Malgré le fait qu’elle avait d’autres aspirations qui penchaient plus du côté artistique, elle travaille dans une boutique de vêtements pour enfants et s’entend à merveille avec Sophie, « son amie absolue ».

Un midi, rue Béthune, Emma entre à la Brasserie André. C’est là qu’elle aperçoit pour la première fois Alexandre, attablé avec des amis, journaliste à La Voix du Nord. Point de bascule, point de non-retour, l’urgence se fait de plus en plus présente. Rien ne peut ni ne va les arrêter.

« Emma n’est pas du genre à ne plus aimer quelqu’un parce qu’elle aime quelqu’un d’autre. Ni à aimer parce qu’elle se lasse d’être seule. Un nouvel amour n’est pas forcément contre le précédent. Il peut être pour lui-même. Un vertige irrépressible. » (page 96)

Cela leur prendra trois semaines avant qu’une première parole ne soit prononcée entre eux. Ils sont déjà accros l’un à l’autre, en manque, ils vont tenter de vivre l’instant présent. Mais vont-ils ou non avoir le courage, l’audace, la témérité de laisser leur vie derrière eux et de partir avec moins que rien car, comme le dit Emma, « on ne commence pas une nouvelle vie avec des valises pesantes » ?

Savez-vous quoi ? Je pense que ce roman aurait été encore plus fort si Grégoire Delacourt avait mis un point final à son récit à la fin de la première partie, sans nous dire quelle route allait emprunter Emma, nous laissant le soin de deviner la suite. Mais ne gâchez pas votre plaisir pour si peu, c’est un livre qu’on ne peut abandonner avant la dernière ligne.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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