23 mar 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Un petit rappel aux membres du jury : il vous reste exactement un mois pour terminer la lecture des cinq livres en lice pour la 9e remise du prix des Irrésistibles.

Le vote et les débats auront lieu à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont, le lundi 24 avril prochain, de 10h à 12h.

Si vous ne pouvez vous déplacer pour voter, il faudra m’envoyer votre choix par courriel (simplement le titre, sans commentaires) avant le 23 avril.
Bien hâte de vous revoir et de débattre en votre compagnie.

Par ailleurs, les Irrésistibles qui ne sont pas membres du jury sont invités à se joindre à nous. Si vous désirez assister à la remise du prix, vous êtes les bienvenus ; prière de m’indiquer par courriel votre nom et le nombre de personnes qui vous accompagneront.


Je fréquente l’œuvre d’Annie Ernaux depuis longtemps. J’aime son style concis. Où certains voient une surabondance du « moi », pour ma part, j’y vois une mise à nu sincère et audacieuse. Je sais. Nous sommes à l’air des selfies, des autobiographies publiées dès l’âge de 22 ans, de la représentation du « soi » partout… Mais encore faut-il avoir du style et quelque chose à dire.

C’est le cas d’Annie Ernaux. En la lisant, livre après livre, c’est comme si à chaque publication nous pouvions rajouter une mosaïque à son arbre généalogique ou à un moment déterminant de sa vie. Un exemple parmi tant d’autres : en 2011, dans L’Autre Fille, Annie Ernaux nous parlait de sa sœur Ginette. Moment saisissant puisque l’auteure n’a su qu’à l’âge de 10 ans qu’elle avait une sœur, morte en 1938, deux ans et demi avant qu’elle naisse. Et Ernaux de dire : « Je suis venue au monde parce que tu es morte et je t’ai remplacée ».

Cinq ans après ce témoignage, l’auteure nous en propose un autre avec Mémoire de fille (Gallimard, 2016) où elle alterne entre la 3e personne du singulier et le « je ».

Dans ce récit autobiographique, Ernaux porte encore son nom de jeune fille, le patronyme Duchesne. L’auteure, née le 1er septembre 1940, passe son enfance et son adolescence en Normandie. Elle vient d’un milieu populaire et catholique, où ses parents tenaient un café-épicerie. Cette jeune fille est couvée par sa mère qui lui interdit à peu près tout, sauf de lire jusqu’à plus soif. D’ailleurs, la fille de l’épicière d’Yvetot, première de classe et qui avait le don d’apprendre, deviendra professeure de lettres et écrivaine.

Mémoire de fille alterne entre 2014 et l’été 1958 où Annie D a été engagée comme monitrice à S dans l’Orne. Dans deux semaines, elle aura 18 ans. Livre sur la mémoire, du temps qui a passé et celui que la mémoire a retenu. Et comme l’écrit Ernaux dans les dernières lignes du livre : « J’ai retrouvé dans mes papiers une sorte de note d’intention : explorer le gouffre entre l’effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l’étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé. »

Est-ce que « la fille de 58 » ou « la fille de S », comme elle se nomme à l’occasion, a encore quelque chose à voir avec celle d’aujourd’hui ? On peut en douter, mais cela lui a permis de mettre des mots sur un épisode fondateur de sa vie de femme. Et l’auteure de dire, page 78 : « Cette fois – 28 avril 2015 – je quitte la colonie pour de bon. Tant que je n’y étais pas entrée de nouveau par l’écriture, pas demeurée des mois et des mois, je n’en étais pas partie. »

De mémoire, c’est la première fois qu’Annie Ernaux revient sur cette nuit du 16 au 17 août 1958 alors qu’elle va à sa première « sur-pat » (lire surprise-partie), où elle danse avec H, le moniteur-chef de 22 ans, « professeur de gym dans un collège technique à Rouen », de qui elle tombe amoureuse, mais dont la suite ne se passera pas comme elle le souhaitait.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


Le lundi 27 mars, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec le metteur en scène Claude Poissant, qui nous parlera de la pièce L’Avare de Molière, présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 8 avril 2017.

Lundi dernier, je recevais Cynthia Cooper, chef, Collections et recherche et conservatrice, Costume et textiles au Musée McCord et commissaire de l’exposition Mode Expo 67, présentée jusqu’au 1er octobre 2017.

>

Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*