16 mar 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Philippe Besson nous offre avec « Arrête avec tes mensonges » (Julliard, 2017), un roman autobiographique inoubliable et sensible qui nous permet de décoder certains de ses autres livres et qui comporte des élans durassiens… Rien pour me déplaire !

Ce roman de 194 pages se décline en trois dates : 1984, 2007 et 2016. J’ai l’ai lu comme il est écrit : d’un seul souffle. Celui de la vie, de l’attente, du manque, de la perte. On sent chez l’auteur une grande soif d’écrire, de raconter, comme si, durant des années, Philippe Besson s’était retenu de poser sa plume sur son premier grand amour, possiblement par pudeur, mais aussi par loyauté, pour respecter le pacte qu’il avait conclu avec son amoureux.

Hiver 1984 : alors âgé de 17 ans, l’auteur habite chez ses parents à Barbezieux, en Charente. En terminale C, très bon élève et lecteur assidu, il fréquente le lycée Élie-Vinet. Un jour, alors qu’il est dans la cour de récréation, Besson voit un garçon d’un an son aîné (à vrai dire il ne voit que lui), Thomas Andrieu (1966-2016), à qui ce roman est dédié.

Un premier rendez-vous est donné, puis un deuxième et un troisième. Ils passeront quelques mois à se voir clandestinement, car telle est la requête de Thomas : rien ne doit transparaître, personne ne doit soupçonner leur relation. Philippe accepte et obéit, follement épris de ce jeune homme énigmatique et solitaire qui vit dans l’urgence d’un amour impossible, impensable, même si espéré et désiré.

Sauf leur attirance l’un pour l’autre, à peu près tout sépare ces garçons, à commencer par leur milieu social alors que le père de Philippe est directeur d’école et instituteur, tandis que celui de Thomas est paysan.

Parce que le temps amoureux est compté et que tous les deux en sont conscients, Philippe et Thomas vivent à la puissance dix et l’auteur de dire : « […] l’amour n’a été possible que parce qu’il m’a vu non pas tel que j’étais, mais tel que j’allais devenir. » Amoures brèves mais intenses, vécues dans l’urgence d’une relation qui se savait condamnée à court terme. Thomas l’avait pressenti en disant à Philippe « parce que tu partiras et que nous resterons ».

Ce récit intime est ponctué de vérité, peut-être, parfois, d’une « mémoire recomposée », mais comment aurait-il pu en être autrement lorsque l’on revient, une trentaine d’années plus tard, sur son premier amour qui est, au final, l’élément fondateur d’une grande partie de son oeuvre…

À la lumière de cette lecture, je n’ai qu’une envie : relire, avec un regard neuf, Un garçon d’Italie, Son frère, Se résoudre aux adieux.


Le lundi 20 mars, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Cynthia Cooper, chef, Collections et recherche et conservatrice, Costume et textiles au Musée McCord et commissaire de l’exposition Mode Expo 67, présentée jusqu’au 1er octobre 2017.

Lundi dernier, je recevais le metteur en scène Philippe Ducros, venu nous parler de la pièce Dehors de Gilles Poulin-Denis, présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 25 mars 2017, puis au Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa du 29 mars au 1er avril.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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