23 fév 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Dans son récit Le Fleuve (2015), Sylvie Drapeau nous parlait des membres de sa famille de la Côte-Nord, la « meute », mais particulièrement d’un moment tragique : la mort de celui qu’elle adorait, son grand frère Roch, alors qu’elle avait à peine cinq ans.

Avec Le Ciel, qui vient de paraître chez Leméac, l’auteure-narratrice navigue à nouveau en eau familiale, mais s’adresse cette fois à Gabrielle, sa mère, morte beaucoup trop jeune d’un cancer. Elle s’interroge : « À présent que j’ai vingt ans, que je connais les peines de l’amour, je veux savoir. Je veux savoir qui je suis. J’espère qu’il n’est pas trop tard pour apprendre à vivre. » Elle revient sur son premier amour, sur son départ de la Côte-Nord pour la grande ville où elle poursuit ses études, son premier voyage raté à Paris et finit par se demander si avoir 20 ans est si extraordinaire que ça…

La narratrice se souvient aussi qu’elle n’a pas toujours été gentille à l’égard de cette mère qui a dû arrêter ses études en 7e année pour donner un coup de main à la ferme. Combien elle a pu la blesser le jour où elle lui a annoncé qu’elle n’irait plus à la messe.

Souvent, nous sommes le rêve de nos parents, rêve qu’ils n’ont pu réaliser. « Je crois que ce tu m’enviais, surtout, c’était mon avenir. Tu voyais en moi les prémices de l’artiste que tu aurais pu devenir. »

Ce récit intime, poétique et sensible, a une portée universelle. Les propos soulevés par l’auteure sont de nature à toucher tout le monde, car nous avons tous quelque chose à nous reprocher, une blessure jamais totalement guérie, des questions restées sans réponse, mais aussi l’envie de comprendre, pour mieux accepter et cesser de douter.

Même si notre vie est faite de petits et de grands départs, nos racines ne sont jamais loin. Un jour ou l’autre, nous retournons dans notre coin de pays pour faire la paix avec nous-mêmes et retrouver un peu notre âme et nous rapprocher de cette mère partie beaucoup trop vite et que l’on n’a pas nécessairement su apprécier de son vivant, à sa juste valeur.

Ciel que ce récit est beau ! Malgré toutes les épreuves et les déceptions que comporte ce deuxième opus, la lumière pointe du côté de la vie.

Écriture réparatrice ? Possiblement. À qui s’adressera le 3e volet annoncé ? À suivre !


Le lundi 27 février, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Emeren García, responsable des expositions itinérantes au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) et co-commissaire de l’exposition Mundos, présentée au MAC jusqu’au 14 mai 2017.

Lundi dernier, je recevais la comédienne Louise Turcot, venue nous parler de la pièce Ne m’oublie pas de Tom Holloway, présentée chez Duceppe jusqu’au 25 mars 2017.

Elle nous entretenait également de son roman pour adolescents Laura, publié chez Québec Amérique.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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