05 jan 2017

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Roman de Jean-Paul Didierlaurent, traduit dans une trentaine de langues et qui sera probablement porté à l’écran dans quelques années, Le Liseur du 6 h 27 (Au Diable Vauvert et au Québec chez Édito, 2014) nous met face à une réalité : la durée de vie d’un livre.

2012 : Guylain Vignolles, orphelin de père, est encore célibataire et sans enfant à l’âge de 36 ans. Sa vie n’est pas des plus stimulantes. Seule présence dans son logement du 3e et dernier étage de l’immeuble de l’allée des Charmilles : un poisson rouge à qui il se raconte. Depuis maintenant 15 ans, Guylain travaille pour la Société de traitement et de recyclage naturel. Tous ces livres qui n’ont pas trouvés preneurs, c’est lui qui se charge de les envoyer au pilon.

Sa mère pense qu’il occupe un poste dans une maison d’édition, mais il n’a jamais osé lui dire qu’il était employé d’usine et manœuvrait la Zerstor 500, surnommée « La Chose », celle qui écrase des tonnes de bouquins à chaque jour. Cette « pâte à papier grossière » produite par la machine, permettra de refaire des livres qui, à leur tour, se retrouveront bientôt broyés par la Zerstor 500.

Autour de Guylain gravite son chef, Félix Kowalski, et Yvon Grimbert, préposé à la guérite, fou amoureux de théâtre classique. Également, Giuseppe Carminetti, ami de Guylain et ex-opérateur en chef à la Société avant qu’un accident survenu en 2002, après 28 ans de service, ne vienne lui broyer les deux jambes l’obligeant à quitter l’entreprise. Si Grimbert est fou d’alexandrins, Giuseppe, lui, ne jure que par l’ouvrage de Jean-Eude Freyssinet, Jardins et potager d’autrefois. On fera connaissance avec les sympathiques sœurs Delacôte qui proposent à Guylain de venir faire la lecture à leur résidence pour personnes âgées.

Pour se rendre au boulot, Guylain emprunte tous les matins à 6 h 27 le RER. Il en profite alors pour lire à voix haute aux passagers des extraits d’ouvrages qu’il avait pu sauver in extremis du pilonnage, que ce soit des bribes d’un Goncourt ou d’un livre de cuisine. La routine, jusqu’au jour où il ramasse une clé USB qui risque de changer le cours de sa vie.

À notre tour de lire ce Didierlaurent dans le métro et pourquoi pas, en offrir la lecture de certains passages à des usagers ! Une belle façon de commencer sa journée, vous ne trouvez pas ?

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


Le 9 janvier, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Diane Charbonneau, commissaire de l’exposition Focus : perfection – Robert Mapplethorpe, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 22 janvier 2017.

Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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