01 déc 2016

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Avez-vous vu Né quelque part de Mohamed Hamidi (France, Algérie, 2013) ? Parce que si vous avez aimé ce film, il en sera de même de sa nouvelle comédie, La Vache. Malgré quelques sujets délicats dans l’Hexagone (la place des agriculteurs dans la société française, les Français et leur rapport au peuple algérien), ce film est du côté de l’entraide, de l’amitié et de la bonhomie.
Il met à nouveau en scène – mais cette fois dans le rôle titre – le comédien Fatsah Bouyahme. Il incarne un paysan algérien musulman, Fatah, marié et père de deux fillettes. Fatah a une affection particulière pour sa tarentaise, prénommée Jacqueline. Certains villageois se moquent de lui, car il aime sa vache plus que tout. Depuis des années, il rêve que celle-ci soit sélectionnée pour le Salon international de l’agriculture qui se tient Porte de Versailles à Paris.
Cette lettre, tant attendue, arrive enfin, pour son plus grand bonheur. Après consultation, les villageois acceptent de se cotiser pour lui payer la traversée jusqu’à Marseille, puis Fatah poursuivra sa route à pied jusque dans la capitale, soit près de 700 km.
Fatah rend heureux les gens qui croisent son chemin : que ce soit le comte Philippe (Lambert Wilson), un aristocrate dépressif au bord du gouffre financier ou alors cette troupe de magiciens qui font disparaître sa vache durant quelques minutes. La naïveté, la simplicité, la candeur, la spontanéité, l’honnêteté font de Fatah un être touchant qui enflamment les réseaux sociaux et les émissions de télévision. Tout le monde est content pour lui, sauf Naïma, sa femme, et Hassan, son beau-frère, (Jamel Debbouze) qui a rompu les liens avec son Algérie natale.
Fatah qui n’a jamais quitté son bled fera, comme Ulysse, un beau voyage (et nous aussi), avant de reprendre le chemin du retour. Un film rempli de fraîcheur qui fait du bien et par les temps qui courent, ce n’est pas rien !

Christian Bégin est un bon dialoguiste. Il nous en donne encore une fois la preuve avec sa dernière pièce, Pourquoi tu pleures ?, présentée au TNM dans une mise en scène de Marie Charlebois.
Bonne cuvée, donc, pour Les Éternels Pigistes, dont la dernière production présentée à La Licorne en avril 2016, La Mort des Éternels, avait été décevante. Je ne pensais pas qu’ils allaient renaître de leurs cendres, mais oui, ils sont à nouveau en forme, pour un dernier tour de piste, après vingt ans de loyaux services.
Le sujet abordé ici a été traité maintes et maintes fois, mais la pièce, montée en poupées russes, est originale et percutante. Plus l’action avance, plus nous en apprenons sur chacun des membres de la famille Bérubé (Christian Bégin, Marie Charlebois, Pier Paquette, Isabelle Vincent, Sophie Clément et Pierre Curzi), qui ne s’entendent pas très bien, pour ne pas dire qu’ils ne s’aiment pas beaucoup. Ce que l’on nous montre n’est pas beau à voir : mensonges, haine, secrets, méchanceté, déni, refoulement, manque de respect les uns envers les autres… Comme si ce n’était pas assez, le pic survient lorsqu’il est temps de lire les dernières volontés du père, mort d’une embolie cérébrale : il laisse à sa femme et à ses quatre enfants plus de 5 millions, argent qu’ils devront se partager, non pas de manière équitable, mais au prorata des besoins de chacun. Est-ce possible de faire un tel calcul ? Chicane garantie au sein de cette famille où le château de sable s’écroule au fur et à mesure que la pièce avance…
Par moments, j’avais l’impression d’entendre, à travers tous les personnages, les positions de Christian Bégin sur différents sujets : le Québec, l’amour, la politique, les tromperies gouvernementales, la place qu’occupe la famille dans nos vies, notre rang social, nos besoins, etc.
Deux bémols : Christian Bégin était le seul à ne pas toujours projeter assez sa voix (le TNM ce n’est pas La Licorne) et la scène, encore une fois, était trop grande pour les besoins de la production. Jouer dans un plus petit lieu aurait profité aux comédiens et la pièce, étant en quelque sorte un huis clos, aurait eu un impact encore plus fort. Malgré ces quelques petites réserves, Pourquoi tu pleures ?, présentée au TNM jusqu’au 10 décembre, vaut le détour.
Profitez-en, car la compagnie n’est peut-être pas éternelle !

Le lundi 5 décembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Hélène Samson, conservatrice des Archives photographiques Notman qui, à titre de commissaire, nous parlera de l’exposition Notman, photographe visionnaire, présentée au Musée McCord jusqu’au 26 mars 2017.

Lundi dernier, je recevais la chargée de projet Christine Dufresne, venue nous parler de l’exposition Terre d’Asie. La Collection Sam et Myrna Myers, présentée à Pointe-à-Callière jusqu’au 19 mars 2017.

Culture à la carte – 20161128 - M.-A. Poggi – Christine Dufresne.

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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