29 sept 2016

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Mon premier gros coup de cœur de la saison théâtrale montréalaise se situe du côté du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui où l’on présente, jusqu’au 15 octobre prochain, la troisième partie de la trilogie de Jennifer Tremblay, La Délivrance, amorcée en janvier 2010 avec La Liste et suivie, quatre ans plus tard, du Carrousel.
La pièce repose sur plusieurs mensonges et des non-dits qui se sont tissés au fil des ans ; le temps est venu de se libérer, de se décharger de ce poids, de se délivrer. La narratrice, jamais nommée, et interprétée, tout en nuance, par une Sylvie Drapeau au sommet de son art, est au chevet de sa mère mourante. Florence lui réclame son fils qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans. Sa fille lui promet de tout faire pour ramener son demi-frère.
La narratrice part sur la route, en plein hiver, chercher le père Tonio ; il officie à l’église, celle-là même où, plus jeune, elle allait prier. Tout au long de l’heure dix que dure la pièce, la narratrice s’adresse à sa mère, à Jésus, au père Tonio, à son demi-frère, à son père et à son beau-père.
Le texte de Jennifer Tremblay, que j’ai aussi lu, est beau et triste à la fois. L’injustice humaine, la fratrie, la place de notre famille dans nos vies, l’espoir, le découragement, la résilience, le renoncement, la naissance, la mort, le pardon, les désillusions, la foi, le don de soi… Tout y est. Et que dire de la place du territoire dans cette trilogie qui est, à lui seul, un personnage ?
La mise en scène de Patrice Dubois est ingénieuse et efficace. Pierre-Étienne Locas a aussi réussi à bien camper les lieux, que ce soit ceux de l’hôpital ou de l’église. D’ailleurs, la simplicité du décor aide à mettre de l’avant le texte si poétique et déchirant.
Même si vous n’avez pas vu La Liste et Le Carrousel, ne vous privez d’assister à cette Délivrance, qui démontre, entre autres, la palette du talent de Sylvie Drapeau, qui interprète tous les rôles, et celui de Jennifer Tremblay, à l’écriture.
À la sortie du théâtre, je me suis demandé : « Est-ce qu’une mère peut aimer l’un de ses enfants plus que les autres ? Est-ce qu’une femme peut s’effacer au point de ne rien refuser à son mari ? Est-ce qu’un homme peut changer du jour au lendemain alors qu’il devient père ? Doit-on mentir à sa mère pour qu’elle souffre moins ? Doit-on tout dire ? La rédemption est-elle possible ? La foi peut-elle nous aider à surmonter certaines injustices ? »
Dès le premier mot de la première ligne, avec les cloches qui sonnent au loin, j’étais conquise. Et j’espère de tout cœur qu’un très grand nombre le sera tout autant que moi.

Le lundi 3 octobre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la comédienne Alice Pascual, qui nous parlera de la pièce Terminus de Mark O’Rowe, présentée à La Licorne jusqu’au 29 octobre 2016.

Lundi dernier, je recevais la comédienne Sylvie Drapeau, venue nous parler de la pièce La Délivrance de Jennifer Tremblay, présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 15 octobre 2016.

Culture à la carte – 20160926 - M.-A. Poggi – Sylvie Drapeau.

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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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