30 juin 2016

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’ai lu le dernier Sorj Chalandon, Profession du père (Grasset, 2015), suite aux commentaires élogieux de quelques membres du Club des Irrésistibles. Déçue, je ne fus pas, bousculée, oui. Par l’attitude d’un père face à son fils, par tous ces mensonges accumulés au fil des années, des trahisons, humiliations, jalousie qu’a dû subir Émile.
Le livre commence le samedi 23 avril 2011 alors qu’André Choulans, né en 1920 en Algérie, père d’Émile, vient de mourir. L’action reprend le 23 avril 1961, alors qu’en Algérie, deux jours plus tôt, a eu lieu une tentative de coup d’État, appelée le « putsch des généraux ».
L’action évoluera donc entre ces deux dates, suivant le parcours d’un homme qui a voulu se faire passer pour un héros auprès de son fils en lui mentant régulièrement sur les professions qu’il aurait exercées, en lui donnant des missions politiques périlleuses, en l’empêchant de recevoir des amis dans leur appartement d’une ville de province française jamais nommée, etc.
Émile Choulans, fils unique, né en mars 1949, narrateur de cette histoire, a 12 ans au début du roman. Sa mère, Denise, est une femme soumise qui n’ose contredire son mari et qui, par le fait même, ne prend jamais parti pour son fils. Émile ne se doute pas que ce paternel s’est inventé un passé : il dit avoir des amis hauts placés, il aurait exercé mille et un métiers, plus divers les uns que les autres, et aurait eu une grande influence auprès de plusieurs personnalités. Mais qu’en est-il dans les faits ? Ce dont on est sûr, tout au moins au début, c’est qu’André Choulans est un être violent, mythomane, manipulateur, affabulateur, qui aurait eu besoin d’être pris en charge très tôt dans sa vie – ce qui ne fut pas le cas.
Émile finira par se détacher de cette atmosphère malsaine : il deviendra restaurateur de tableaux pour diverses institutions muséales, trouvera l’amour auprès de Fadila, régisseuse d’œuvres d’art, et connaîtra la joie d’être père lorsque naîtra en 2002, son fils, Clément.
Vous pensez que je vous en ai trop dit… Détrompez-vous ! C’est tout le reste qui est inoubliable. D’autant que ce livre comporte une part autobiographique, ce qui rend cette lecture encore plus troublante.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Voici la deuxième partie de l’entrevue que nous accordait Laura Vigo, commissaire de l’exposition Pompeii, dans le cadre d’une rencontre qui s’est tenue le 8 juin dernier à la bibliothèque Robert- Bourassa à Outremont.

Irrésistibles 20160630

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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