20 août 2015

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Avec Écoute la pluie (Sabine Wespieser, Héliotrope, 2013), Michèle Lesbre nous offre un roman intimiste, écrit au « je », d’une belle économie de mots. Durant une journée, une femme, jamais nommée, se parle, comme si elle s’adressait à son amant qu’elle devait aller rejoindre avant qu’un incident tragique ne vienne compromettre leur rendez-vous. C’est l’occasion pour la narratrice de revenir sur certains pans de sa vie.
Cet homme qu’elle connaît depuis fort longtemps, mais avec qui elle a renoué il y a cinq ou six ans, est photographe et habite Nantes. Elle, célibataire, sans enfant, travaille dans une agence à Paris, et comme elle le dit : « Je ne supportais aucun indice d’une quelconque installation chez moi. Ceux qui dérogeaient à la règle étaient vite remis à leur place, hors de mon intimité. Les plus malins comprenaient que le meilleur moyen de mettre quelques jours en continuité entre eux et moi était de proposer un voyage, des espaces provisoires sans quotidien. Il y eut Venise, Sienne, et d’autres encore dont je ne me souviens pas ou plutôt qui n’ont pas laissé de traces. »
L’histoire commence alors qu’elle doit prendre le métro, puis le train pour se rendre à l’hôtel des Embruns, lieu de leur rendez-vous. Sur le quai, un vieil homme avec canne et imperméable beige lui sourit, juste avant l’arrivée du métro. Elle a à peine le temps de lui rendre son sourire qu’il se jette sur les rails. Consternation. Cris. Incompréhension.
La narratrice sort de la station bouleversée, marche au hasard dans Paris, « j’avançais dans la ville comme une somnambule, je t’imaginais sur la plage », s’achète une robe verte, revient chez elle, repart, se promène à nouveau dans le quartier où se trouve la ligne du métro où a eu lieu le drame, interroge la guichetière qui lui révélera quelques détails sur cet homme. Cela la calme un temps et plus les heures avancent, plus elle se sent liée, d’une certaine manière, à cet inconnu.
La narratrice, et nous par la même occasion, tenterons de trouver, durant ses pérégrinations nocturnes, un semblant de réponse à des questions telles : Qu’est-ce qui mène à un tel geste ? Pourquoi l’homme lui a-t-il souri juste avant l’irréparable ? Ira-t-elle, malgré tout, rejoindre son photographe ?
Vous aimez Patrick Modiano, Annie Ernaux ou encore Marguerite Duras ? Alors ce livre est pour vous. Même petite musique et atmosphère que chez ces auteurs : l’importance des lieux comme chez Modiano, la phrase courte de Duras et d’Ernaux et les petits riens qui constituent notre vie. À lire !

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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Une réponse pour “Le Billet de la semaine”

Luc Jodoin dit : - 20 août 2015

Dans ma musette pour mon prochain voyage. Je vais essayer d'éviter le métro ...

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