26 fév 2015

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Guillaume de Fonclare a publié chez Stock, en 2014, un livre inoubliable, percutant, dérangeant, intitulé Joë. Je viens de le relire, autant bousculée, touchée, émue, qu’à ma première lecture.
Il y aurait tellement à dire sur ce roman biographique que je ne sais par où commencer. Peut-être en vous présentant le Joë du titre. Il s’agit en fait de Joseph Bousquet, dit Joë, né à Narbonne dans l’Aude, le 19 mars 1897, et décédé à Carcassonne le 28 septembre 1950. À peine 53 ans de vie, mais quel parcours !
Guillaume de Fonclare a entendu parler de Joseph Bousquet, pour la deuxième fois de sa vie, alors qu’il était directeur de l’Historial de la Grande Guerre, à Péronne. Il a décidé de lui consacrer un livre par le biais duquel il parle également un peu de lui, car, à certains égards, Joë Bousquet et Guillaume de Fonclare ont un même combat à livrer : Bousquet a dû passer la moitié de sa vie à l’horizontal, tandis que l’auteur est atteint, depuis une dizaine d’années, d’une maladie neuromusculaire qui l’oblige à utiliser, de plus en plus souvent, son fauteuil électrique.
Dès sa naissance en 1897, la malchance s’est acharnée sur Joë Bousquet. Sauvé in extremis par une sage-femme, sa vie sera faite de défis, de résiliences, d’échecs, mais également, de courage, d’espoir, de résignation.
Avant de participer à la Première Guerre mondiale, Joë Bousquet s’intéressait surtout aux filles. Puis l’appel a été plus fort que tout : il voulait aller à la guerre. À 19 ans, il s’enrôle dans le 156e régiment d’infanterie, pas le plus facile, car il s’agissait d’un régiment disciplinaire. Il deviendra sous-lieutenant avant que sa vie ne bascule dans l’innommable.
Joë est touché par une balle, lors du combat de Vailly, ce qui l’obligera à passer la majorité de sa vie alité. Comment peut-on survivre dans de telles conditions alors qu’on vient à peine d’avoir 21 ans ? L’auteur dit : « Vous êtes né le 27 mai 1918, lorsque vous avez perdu la moitié de votre corps et trouvé tant de raisons de vivre. » Ainsi, durant 26 ans, Joë Bousquet s’enferme, volets fermés, dans sa chambre du 53, rue de Verdun, à Carcassonne, pour consacrer sa vie à l’écriture et à correspondre avec les plus grands du siècle dernier : André Breton, Paul Éluard, Aragon et Max Ernst, rencontré en 1928, qui deviendra son grand ami.
Roman inoubliable, parfois insoutenable, mais d’une telle puissance que ces 142 pages vous habitent encore longtemps, le livre refermé. Je vais sûrement plonger dans l’œuvre romanesque et poétique de Joë Bousquet !

Le samedi 28 février, à Radio VM (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, je reçois les comédiens Sébastien Dodge et Jean-Philippe Perras qui viennent nous parler de la pièce de Larry Tremblay, Grande Écoute, dans une mise en scène de Claude Poissant, présentée à l’Espace Go jusqu’au 21 mars 2015.

Première diffusion : le samedi de 12h30 à 13h, en reprise le jeudi suivant, de 17h à 17h30.

Je vous rappelle qu’il est aussi possible d’écouter Entracte en direct à partir du site web de Radio VM

Samedi dernier, je recevais Marc Mayer, directeur général du Musée des beaux-arts du Canada venu nous parler, entre autres, des expositions qui seront présentées au MBA du Canada en 2015.

ENTRACTE - 20150221_1230 - M Poggi - FEV-02 - M Mayer

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et à vendredi prochain,


Marie-Anne



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