28 août 2014

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Vous vous souvenez peut-être qu’en 2010, le roman de Christine Eddie, Les Carnets de Douglas (2007), avait remporté, entre autres, le prix du Club des Irrésistibles, ex-æquo avec Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Aujourd’hui, l’auteure nous propose Je suis là (Alto, 2014, 151 pages), un récit inoubliable, touchant, tendre, teinté d’humour, percutant, sensible, un hymne à la vie, à l’amitié et à l’entraide.
Christine Eddie donne la parole à Angèle, une jeune femme née le 1er août, le même jour qu’Anne Hébert, dans une famille qui compte deux garçons et deux filles. À 25 ans, Angèle fait la rencontre de l’homme qui deviendra son mari. La vie suit son petit bonhomme de chemin jusqu’au moment où « en déménageant à Shédiac, j’ai vieilli du jour au lendemain. Ma jeunesse s’est effacée sans prévenir, comme une banquise de l’Arctique à la fin de l’été » de dire Angèle, page 29. Eh oui, car depuis quatre ans, dans des circonstances tragiques dont je ne dirai rien ici, Angèle, qui venait d’accoucher de jumelles non identiques, a vu sa vie basculer. « Trente cinq ans, c’est jeune pour arrêter de marcher, de nager, de pédaler, de ramer, de patiner, de filer sur une planche à neige, de slalomer sur les pentes et de rentrer, les joues rouges, d’une excursion en raquettes. À partir du moment où j’ai emménagé dans mon fauteuil, tout le monde est tombé sur les genoux dans un fossé, les mains jointes… », p. 41-42.
Angèle habite sur la rue Main à Shédiac, au Nouveau-Brunswick, dans une résidence pour personnes âgées. Elle y côtoie, et nous, par la même occasion, plusieurs personnages haut en couleur et plusieurs, fort sympathiques, dont Doris, préposée aux bénéficiaires et Arthur, 92 ans, portier bénévole qui n’est pas au bout de sa jeunesse.
Ce roman nous fait réaliser plein de choses. Le ton est loin d’être misérabiliste malgré le sujet, la souffrance, la douleur, la perte, les drames quotidiens. C’est plutôt une lecture vivifiante, qui nous donne le goût de croquer encore plus dans la vie, d’en profiter à chaque instant. Christine Eddie, avec doigté et délicatesse, rend hommage à Angèle, une femme digne, forte, résiliente, courageuse, comme nous voudrions l’être.
Un petit conseil en terminant : n’allez surtout pas lire la note d’auteure en fin de volume avant d’y être rendu… Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez le livre entre les mains.

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et bonnes lectures,


Marie-Anne




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