02 mar 2017

L’Art d’aimer

Ovide

Lart daimer Ovider

C’est en 1965 que j’ai lu ce livre une première fois, livre qui, pour le jeune homme que j’étais alors, avait valeur de transgression dans notre Québec où l’Église avait l’emprise sur la morale et les us et coutumes.

Ce livre de l’Antiquité païenne, que je viens tout juste de relire, en nos jours actuels d’un néo-paganisme conquérant qui ne se dit pas, mais où la sexualité comme valeur première est dorénavant au diapason des conseils que prodiguait généreusement Ovide dans L’Art d’aimer.

Mais pour moi, en 2017 comme en 1965, un petit livre tout à fait agréable à lire. Et quoi de mieux que de vous en communiquer des extraits pour vous donner une idée du contenu et de l’atmosphère.

Ainsi : « Toute femme se juge digne d’être aimée. L’Amour est une espèce de service militaire dans le champ du plaisir. La douleur d’autrui a son charme. Prendre un baiser et ne pas prendre le reste, c’est mériter de perdre même les faveurs accordées. Cette tendance de l’esprit à croire toujours ce qu’il redoute. Regarde celui qui te regarde. Dans les lettres plaît le ton ordinaire de la conversation. Qu’elle te croie émerveillé de sa beauté. La colère, l’arrogance gâtent les traits. Souvent un visage muet a une voix et un verbe éloquents. À l’approche de l’automne, lorsque l’année est dans sa plus belle période. Elle malade, qu’aucune répugnance ne te fasse repousser son baiser. Aie des songes de bon augure à lui raconter. Les femmes apprennent même à rire et à pleurer. Je rougis de le dire, mais je le dirai : que des mots lascifs trouvent place parmi vos ébats. Même toi à qui la nature a refusé les sensations de l’amoureux plaisir, feins de goûter les douces joies. Garde-toi de paraître déguiser ta pensée, que l’expression de ton visage ne démente pas l’effet de ton langage. Je hais la femme qui se livre, et qui le faisant songe à son tricotage. Quand on dit à tout le monde “Je n’aime pas”, on aime. Ici encore, dans la pratique de l’amitié, on trouve un secours qui n’est pas médiocre. Songez à la vieillesse, amusez-vous. Je n’enseigne que des amours légères. Et c’est l’art qui fait durer l’amour. »

Traduction Henri Bornecque, Société Guillaume Budé.

Membre : Jean-Marc

Ovide. L’Art d’aimer, Éditions Les Belles Lettres, collection Le Livre de poche classique, 1960, 191 pages.



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