05 sept 2019

L’Allumeuse

Myre, Suzanne

L'Allumeuse

Il s’agit d’un recueil de douze nouvelles qui, contrairement à ce genre de livres, ont des liens entre elles. J’aime beaucoup les écrits de cette auteure et particulièrement celui-ci qui me replonge dans un quartier où j’ai vécu dans les années 60-70. C’est léger, drôle… mais pas toujours, car Suzanne Myre aborde aussi des sujets sérieux qui font réfléchir.

L’allumeuse. Annabelle aime jouer avec le feu dans tous les sens du terme. Toute jeune, en allumant des lampions, elle met le feu à l’église. Devenue femme, elle enflamme les hommes. Tout ça se passe à Montréal-Nord dans les années 70… la ville la plus « drabe » du Québec.

Ritcharde. C’est le nom de la chatte de sa mère. Cette mère qui accorde plus d’importance à la dite chatte qu’à sa fille.

Ado de l’au-delà. C’est l’histoire de la fin d’une jeune ado. Un chauffard la fauche. Du fin fond de l’au-delà, elle décide de lui faire payer la note.

Bébé à jeun. Elle parle à son bébé qui va naître. Le père est un alcoolique violent et elle est persuadée que la venue de cet enfant va tout régler.

L’infortune de Franconia Notch. Une fillette aux prises avec un père aussi vieux qu’un grand-père ou même qu’un arrière-grand-père.

Victorinox. C’est le nom d’une série de couteaux de cuisine de qualité supérieure. Rien de tel pour faire taire une belle-mère qui a toujours la bouche ouverte.

Comment je suis devenue une outsider. Élue présidente de sa classe, une élève timide en veut au monde entier qu’on l’ait mise dans cette situation. Pire encore, elle ne peut pas rouler les « r » comme l’institutrice le lui demande et de ce fait devient la risée de toute sa classe. Mais, au fil du temps…

Les mégots du directeur. Un jeune prof rempli de bonne volonté arrive dans une école pourrie de Montréal-Nord. Son directeur n’a de cesse de lui dire qu’il n’y a rien à faire avec ce genre d’élèves, qu’il perd son temps à vouloir améliorer leur sort.

Papotages de petites filles pendant la récréation. Deux petites filles se racontent les histoires qui les font rire ou pleurer, des histoires banales, du papotage… des petits riens qui marquent la vie de chacun de nous à jamais.

Une enfance de petit Frigo. Frigo, c’est un chat pas très beau, à la santé pour le moins fragile, le genre de chat condamné à frôler les murs des ruelles toute sa vie. Et pourtant, il croise Élise et c’est le coup de foudre.

Parents inspirants. Une écrivaine en herbe se rend compte qu’on a publié sa nouvelle sous un nom qui n’est pas le sien.

Préavis de décès. Ce dernier texte n’est pas une nouvelle. C’est une page dans laquelle Suzanne Myre nous informe qu’éventuellement, elle passera l’arme à gauche. Une pirouette comme seule elle peut le faire.

Mais pour avoir une meilleure idée de ce petit bijou, je vous invite à lire ce qu’en pense Babelio : « Voici des histoires comiques et venimeuses où se succèdent les mères égoïstes et les pères absents, les minets et les marmots, et, surtout, les pécheresses tristes et les femmes vampires qui séduisent les hommes pour les réduire en poupées de chiffon. Car les héroïnes de Suzanne Myre sont puissantes. Ce sont des battantes qui n’hésitent pas à mettre le monde à feu et à sang pour se faire justice. Pourtant, aucune d’elles n’est un démon. Elles sont même gentilles, au fond. Mais elles ne veulent plus qu’on les blesse. Il y a, au cœur de ces récits, une profondeur bouleversante. Une complexité, une introspection, une tendresse qui désemparent et qui persistent longuement après la lecture. Dans L’Allumeuse, l’écriture de Suzanne Myre se fait touchante comme jamais.

Par ailleurs, l’auteure nous y fait visiter le quartier de son enfance : Montréal-Nord, un lieu bigarré auquel la littérature ne s’intéresse jamais. La paroisse Saint-Vincent-Marie-Strambi, la polyvalente Calixa-Lavallée, le boulevard Industriel deviennent le théâtre de cent douleurs et rires grinçants. C’est là un livre fabuleux où les personnages rêvent indifféremment d’assassinats et de hamburgers chez Dic Ann’s. Bref, en douze histoires et un préavis de décès, L’Allumeuse célèbre les têtes brûlées qui mettent le feu aux poudres. »

Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu

Myre, Suzanne. L’Allumeuse, Éditions Marchand de feuilles, 2018, 209 pages.



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