20 juil 2017

La Place

Ernaux, Annie

La Place Ernaux

Récit autobiographique, un hommage en quelque sorte rendu à son père d’origine modeste. Annie Ernaux, agrégée de lettres, a réalisé une ascension sociale vécue comme une trahison à l’égard de son paternel.

Dans son livre, elle nous parle du décès de son père survenu deux mois après qu’elle a été admise à l’Éducation nationale. Bouleversée profondément, elle réalise la distance qui s’était installée entre eux : « Comme de l’amour séparé », écrit-elle.

Cette mort, relatée à plusieurs reprises, obsède la narratrice qui nourrit un sentiment de culpabilité à peine dissimulé.

Elle raconte avec pudeur ses hontes de jeune fille qui fréquente des milieux plus aisés, la simplicité de son foyer qui « n’avait peut-être pas l’art de la rhétorique mais qui savait aimer et partager ».

Le texte est assurément émouvant, mais ne recherche pas l’effet pour toucher directement le cœur du lecteur. Le style est volontairement plat et la langue est simple, celle de tous les jours.

« La place » est celle que chacun occupe ou croit occuper dans la société, celle que l’on désire atteindre au risque de se perdre et d’oublier ses racines.
Ce récit a obtenu le prix Renaudot en 1984.

Membre : Outremont

Ernaux, Annie. La Place, Éditions Gallimard, 1983, 114 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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