03 août 2017

La Nature exposée

De Luca, Erri

La nature exposee De Luca

« Dans un petit village au pied de la montagne, un homme, grand connaisseur des routes qui permettent de franchir la frontière, ajoute une activité de passeur pour les clandestins à son métier de sculpteur. C’est ainsi qu’il attire l’attention des médias. Il décide alors de quitter le village. Désormais installé au bord de la mer, il se voit proposer une tâche bien particulière : restaurer une croix de marbre, un Christ vêtu d’un pagne. »

De Luca. Les clefs. La fin, nous avions posé que le sculpteur fusionnait avec son oeuvre. Nous n’avions pas tout à fait tort. Tout le long du livre il n’a de cesse de fusionner avec le sculpteur d’origine et avec le Christ lui-même (circoncision, froid dans l’atelier).

Ce que nous dit De Luca, c’est qu’il a imaginé sa finale en s’inspirant de la fable du tailleur… qui reproduit le même habit en tremblant, livrant ainsi le même objet au grand plaisir du commanditaire. Rappelez-vous la finale de l’opuscule d’Erri De Luca, le sculpteur n’arrive pas à fixer « la gène » sur la statue jusqu’au moment où il s’agenouille tremblant, fixe la nature, et que le miracle enfin advient, dans l’humilité. Un tour de passe-passe de l’auteur pour donner un petit vernis mythologique, théologique, à son récit.

Quant aux méchants – la femme et son complice –, je pense plutôt qu’ils symbolisent les trumpiens qui veulent en finir avec les migrants.

Membre : Rosemont

De Luca, Erri. La Nature exposée, Éditions Gallimard, 2016, 2017, 166 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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