28 déc 2017

La Jeune Épouse

Baricco, Alessandro

La Jeune Epouse Barrico

Italie, début du XXe siècle. Un beau jour, la Jeune Épouse fait son apparition devant la Famille. Elle a dix-huit ans et débarque d’Argentine, car elle doit épouser le Fils. En attendant qu’il rentre d’Angleterre, elle est accueillie par la Famille. La Jeune Épouse vit alors une authentique initiation sexuelle : la Fille la séduit et fait son éducation, dûment complétée par la Mère, et le Père la conduit dans un bordel de luxe où elle écoutera un récit édifiant qui lui dévoilera les mystères de cette famille aux rituels aussi sophistiqués qu’incompréhensibles.

Mais le Fils ne revient toujours pas, il se contente d’expédier toutes sortes d’objets étranges qui semblent d’abord annoncer son retour puis signifient au contraire sa disparition. Quand la Famille part en villégiature d’été, la Jeune Épouse décide de patienter seule, une attente qui sera pleine de surprises.

Avec délicatesse et virtuosité, l’auteur de Soie et de Novecento : pianiste ne se contente pas de recréer un monde envoûtant, au bord de la chute, qui n’est pas sans rappeler celui que Tomasi di Lampedusa dépeint dans Le Guépard. Il nous livre aussi, l’air de rien, une formidable réflexion sur le métier d’écrire.

Ce livre m’a laissée perplexe un bon moment. Je ne savais si je l’aimais ou si je m’y ennuyais. L’écriture était si juste, si belle. Mais j’étais perdue et j’avais du mal à comprendre les changements de ton : qui racontait ? La Jeune Épouse, un autre qui l’avait côtoyée, un étranger ? Et quelle histoire ? En plus, l’ambiance me rappelait étrangement celle d’un autre livre : Le Maître de café d’Olivier Bleys, un excellent livre aussi soit dit en passant.

Et puis, soudainement l’image du ruban de Moebius a surgi dans mon esprit et il s’est ouvert à cette étrange écriture. C’était cela ! De la même façon qu’en suivant du doigt le bord du ruban, on change de côté, de la même façon, en lisant, on passe sans s’en rendre compte (ou presque) de l’histoire de la Jeune Épouse à celle de l’écrivain, du sujet raconté à la manière de le faire. Et cela se fait sans heurts. On ne peut finalement que se demander s’il y avait un, deux ou voir même trois propos à ce livre.

En bref, sa lecture n’a rien de déplaisant ni d’ennuyeux, au contraire : ce qu’on y trouve est si riche, si intrigant. Et même si la fin était prévisible, cela ne pouvait être autrement.

Titre original : La Sposa Giovane

Membre : Outremont

Baricco, Alessandro. La Jeune Épouse. Éditions Gallimard, collection Du monde entier, 2015, 2016, 224 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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